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 Les murmures des Sentients [ouvert]

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Ryoji

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Messages : 151
Date d'inscription : 26/03/2016

MessageSujet: Les murmures des Sentients [ouvert]   Lun 6 Fév - 5:09

De la souffrance...


Alors que l'astre des astres montait peu à peu au sommet de la voûte céleste, Ryoji s'installa en position du lotus. Assis sur le ponton jouxtant le Hall, il laissa son esprit s’imprégner de la plénitude de l'instant : le son délicat des clapotis de l'eau coulant le long de la pierre, l'odeur raffinée des plats préparés par Greta la cuisinière, l'imperceptible va-et-vient de la brise qui s'engouffre dans ses poumons... Alors que le soleil touchait presque son zénith, Ryoji commença à laisser s'écouler quelques phrases dans le flux quotidien des rumeurs de la jeune :

« Je suis une graine tombée des cieux,
Au creux de la tourbe je me suis enfoncé,
Pour transmettre l’enseignement et sauver les égarés.

Le germe devenu pousse, la pousse un arbre,
Une fleur s'ouvre en cinq pétales,
Et le fruit mûrit naturellement. »

Ainsi parlait Celui qui apporta la Fleur de Sentience...


Le moine laissa quelques instants s'épanouir comme un bourgeon au printemps, puis il reprit :

Une existence aussi fugace que le souffle d'un papillon, et un esprit confus comme le vol d'une hirondelle ballotté dans le tumulte d'une tempête. Nous somme tous confrontés aux questions fondamentales de ce monde : celles de la souffrance, de la détresse et de la mort... la nôtre comme celle d’autrui. On dit « qu'à la naissance d'un enfant ou d'une étoile, il y a souffrance », certains prétendent même que « la vie est une longue agonie ». Ainsi, pour conjurer cette mauvaise ombre nous fuyons sans cesse notre condition, nous gesticulons contre la vie elle même, désirons sans cesse d'autres objets de plaisirs pour effacer notre douleur. Douleur qui sitôt revient nous hanter la chair et l'esprit, éternellement insatisfait, nous perpétrons ce cycle sans fin. Bien souvent, trop occupé à poursuivre cette quête illusoire, nous oublions les autres, nous les blessons, les écrasons, les faisons souffrir de peur qu'ils fassent de même... D'agneau nous devenons loup, et la meute dévore ses propres membres... Le Gardien de l'Ordre et la Morale s’égare, en Despote de la Soumission et de la Corruption.

Il existe cependant une autre voie, qui comme le printemps succède à l’hiver, permet de régénérer ce qui est stérile et peu à peu transformer un désert aride en oasis luxuriante. Les ascètes des montagnes la nomme le « Chemin de la Sentience ». Il ne s'agit pas d'une doctrine faite de prophètes et de gardiens, mais plutôt d'une longue marche vers l'oublie de soi et la connaissance des autres êtres sentients. Elle ne dit pas « tu dois et je te donne », mais « cherche en toi et tu trouveras », elle ne te promets pas de mondes illusoires mais de contempler la vacuité de l'instant présent, elle ne t'accordera aucun plaisir et délice mais t'apprendra l'oublie du désir et de la souffrance... Le bonheur ne manifeste-t-il pas précisément lors d'instants pures et dépouillés ? C'est-à-dire précisément là, où l'âme cesse momentanément de souffrir ?

Ainsi donc, ne faut-il pas, dans nos actes, œuvrer l'atténuation de la souffrance ? Et non pas, diminuer notre seule souffrance, mais celle aussi des autres ? Fussent-ils humains, elfes, nain, gargouilles ou... Encore... animaux ? Dans l'Arche de la vie, lorsque ceux de la cale éclusent l'eau de la souffrance et la rejettent sur le pont supérieur, celle-ci ruisselle de pont en pont jusqu'à son point de départ en causant maints dégâts. Réciproquement, ceux qui colmatent les sources de la souffrances, portent assistance à tout les membres de l'équipage de l'Arche de la Vie.


Dans l'épanouissement d'un dernier souffle le bonze conclus :

Puisse peu à peu la Fleur de Sentience éclore dans ton âme...

Certains esprits à la mémoire cristalline purent se souvenir qu'en d'autres temps en d'autres lieux, les même paroles furent portées par les vents...
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Greta Skryd'Kadn, Ansgar

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Age : 32
Localisation : France

MessageSujet: Re: Les murmures des Sentients [ouvert]   Mar 7 Fév - 7:59



"Mais saperlipopette ! Qu'est ce que c'est que cette mode de porter des chapeaux en forme de berniques ? C'est à se demander si ces couvre chefs ont pas eux aussi une ventouse qui refusent de se décoller du crâne !"
-Greta- Un soir de service




Ça fait quelques temps que Ryoji fréquente les alentours du hall, dénotant au milieu de la populace bigarrée et parfois bruyante de l'auberge. Toujours gentil, toujours calme. Il vient parfois avec son copain Celegril et tous deux s'isolent dans une petite bulle de tranquillité, visiblement heureux d'être là. Bah oui ils sont copains ... c'est deux elfes calmes, tous gentils, qui boivent des coups ensembles ... Y'a rien de bizarre.

Même assis à côté des soiffards, des miliciens en goguette ou des soudards à la grande gueule, Ryoji semble serein et parfaitement à sa place là où il se pose. Il arrive à faire partie du décors. Alors quand il lui arrive de se poser sur le ponton pour "méditer", la vie continue autour de lui. Les activités du port et de la taverne suivent leur cours ...

La "Méditation" elfique c'est quand même un concept encore un peu étrange aux yeux de Greta. Elle qui est à un âge où on a bien du mal à rester en place, le principe de rester assis à RIEN faire a quelque chose saugrenu ...Curieuse comme une pie, elle s'approche du moine pendant une de ses méditations et s’asseoit non loin, prétextant de pêcher en se demandant s'il peut l'entendre ... Elle prend même la peine de lancer sa ligne à l'eau histoire d'être crédible.  

Et elle tend alors l'oreille à ce qu'elle croit être un long monologue dont elle ne pense pas être la destinatrice. Faut dire qu'il n'y a pas beaucoup de conteurs qui passent par la taverne. Pour elle qui adore écouter les histoires, même de la philosophie d'elfe c'est bienvenu !  Ici et là, elle entends quelques phrases, en mémorise sans-doutes une ou deux. Le reste entrant sans doutes par une oreille et sortant par l'autre, comme souvent quand quelque chose de sensé est dit à un jeune. Au moins l'analogie du bateau qui coule semble avoir bien fait mouche, c'est une image qui parle bien à l'Ansgar.

A la fin du discours, l'adolescente n'attend pas que le moine sorte de sa torpeur et se pose des questions sur sa présence indiscrète ...  Elle remballe rapidement son matériel et file sur la pointe des pieds, imaginant avec une certaine naïveté ne pas être entendue. Elle avait remballé tellement vite qu'elle n'avait pas remarqué qu'au bout de son petit hameçon se tortillait déjà un tout petit poisson qui avait mordu à l'appât, sans qu'elle s'en rende compte.
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Ryoji

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MessageSujet: Re: Les murmures des Sentients [ouvert]   Mer 8 Fév - 8:08

De la vacuité du pouvoir...

Quelques jours plus tard, à l'heure où le seigneur des astres était au zénith de sa perfection, le Moine choisi les marches jouxtant la caserne comme un nouveau lieu où s'asseoir. Sa silhouette illuminé par l'éclatante clarté de midi, il prit la parole :

" En des temps immémoriaux à Heia Kyo, la « capitale de la paix et de la tranquillité » siégeait en son sommet Sa Majesté Impériale.

Faste était la cité, les seigneurs tous vêtus de vives couleurs, brocart de soie pourpre rehaussée de dessins brochés d'or, cachemire couleur lapis-lazuli, hermine immaculée à l'épaule des dames, somptueuses éclosions florales aux sommets des coiffes finement tressées.

Pas un jour ne s'écoulait sans un bal donné dans l'un des mille palais que comptait l'empire. Jardins aux floraisons perpétuelles, statues d'or, sérénades galantes et banquets raffinés, tels étaient les divertissements soumis aux sens.

L'Empereur au crépuscule de cette vie, las de ces divertissements sans fin, s'abandonna à la mélancolie. Possesseur d'un suprême pouvoir dans un royaume prospère le destin ne lui avait pourtant donné de fils. Lorsque le vielle homme rejoindra le commencement d'une autre existence, aucun héritier pour jouir de son ancien empire. Afin de soulager la lourdeur de ses pensées, en toute discrétion, le Seigneur pris le chemin de l'ermitage d'un moine qu'il visitait régulièrement.

A quelques battements d'aile de la capitale ancestrale, dans une modeste cabane de branchages verdoyants, non loin des ruines d'un temple, le moine contemplait la vacuité de ses pensées, assis sur un sol tourbeux.
Brisant le silence, l'Empereur pris alors la parole :

« Paix à ton Âme Uko, Voilà bien des révolutions solaires que je viens te rendre visite. J'ai pu constater à l'épreuve de tes paroles mises en actes que ta générosité, ta vivacité et ta sagesse ne sont pas que légendes portés par les vents. Ton esprit est la réconciliation des contraires :


Rapide comme le vent
Silencieux comme la forêt
Dévastateur comme le feu
Immuable comme la montagne


Ainsi, comme tu le sais, je n'ai point de fils. Veux-tu me succéder, veux-tu être empereur ?

A cette requête, le moine ne prononça le moindre mot, il était simplement assis, les yeux clos :

« Imagine, les plaisirs sempiternels, la richesse absolue, le pouvoir incommensurable du droit de vie et de mort sur tout ce qui respire dans ce pays. Ici, tu pourrais faire construire un palais aux milles tuiles d'or, ou un temple aux cent pagodes, faire connaître la Spiritualités des Sentients, étendre l'influence de ton école. N’es-tu pas tenté ? »

En toute quiétude, le moine se releva et pris son bâton de pèlerin, et dit :

« Je vais aller au bord de la rivière, plonger mon visage au plus profond de l'eau et me laver mes oreilles souillées par tes paroles. »

C'est ainsi qu'il se rendit à la rivière. Iko y fait la rencontre d'un paysan qui venait souvent y faire boire son troupeau.

« Mais dis-moi sage homme, tu te laves les oreilles, à cette heure du jour ?

- Oui, mes oreilles ont été souillées par les paroles de l’empereur. Il m’a proposé de lui succéder, et de monter sur le trône.

- Je comprends que tu te laves ! dit le paysan, et dans ces conditions je ne laisserai pas mes bêtes boire cette eau souillée. »"

Quelques mois plus tard, l'Empereur mourut. Sitôt mis en terre, son empire s’effondra. Lui qui ne vécu que pour la jouissance du pouvoir, le faste et la renommée, tous oublièrent son nom... Comme le courant de la rivière emporte la souillure.  


Suite à ces paroles, le moine vînt ajouter :

"Félicité éternelle à ceux qui ceux qui tiennent le pouvoir comme un fardeau..."
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