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 Vestige

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Vestige, Elfe

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MessageSujet: Vestige   Mer 5 Oct - 20:49

Prologue

C'est qu'il ne se fit pas toujours appelé Vestige, l'elfe solitaire. Autrefois, en des temps qui dépassent largement la mémoire des hommes, c'est sous le nom d'Ilryn'Saël qu'on le connaissait. À l'époque, une communauté d'elfes sylvestres à laquelle il appartenait résidait dans les forêts de l'ouest, plus près de Valacirca qu'ils ne le prétendaient. Allant et venant à travers le continent, ce groupuscule vivait des richesses de la forêt et n'en exploitait que le nécessaire à leur subsistance. C'était au temps des simplicités, avant que les mots problèmes et ennuis ne compliquent le vocabulaire de notre héros. Il ne s'en remémorait que les longs étés aux paysages verdoyants, abondants en fruits sucrés et riches en péripéties. Oh, il y avait bien sûr l'hiver, des périodes moins paisibles, moins abondantes, plus difficiles à supporter, mais il n'en gardait que de faibles réminiscences. C'était un pan de son histoire auquel il tenait bien plus qu'aux autres, à vrai dire. Une page du grand livre de sa vie à laquelle il revenait constamment, rebuté par les chapitres ultérieurs.

[...]


Ces premiers siècles d'existence marquèrent à jamais celui qui se ferait un jour appelé Vestige. Et c'est précisément de l'elfe qu'il avait été jadis qu'il se prétendait à présent le vestige. Une pâle représentation d'un personnage qu'il avait adoré être.




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Vestige, Elfe

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MessageSujet: Re: Vestige   Jeu 6 Oct - 17:23

L'Exode

À travers les siècles, les comportements du groupe se virent altérés. Avec l'expansion des cités, l'accroissement du commerce, l'avidité des peuples, les verts pâturages qui avaient vu naître la troupe eurent tôt fait d'abriter nombre d'autres espèces. Les activités qui permettaient à toutes les cités de prospérer avaient également leurs répercussions sur le petit monde d'Ilryn'Saël. En effet, jetés au bas de leurs montagnes, trolls et ettins envahissaient les forêts. Depuis les tréfonds du monde, alertées à coups de pioches et de pelles, toutes sortes de créatures ressortaient. Et il ne fallait plus d'ailleurs s'étonner de trouver batraciens géants loin des marais, cracheurs de feu à des lieues des cimes, ou pis, des morts qui marchent.

Bousculée par les changements invariables qu'apportait le temps, la cohorte sylvestre en vint petit à petit à se disséminer. Il n'était plus sûr de vivre tel qu'ils l'avaient toujours fait. L'époque avait changée, et la vie en elle-même aussi. Il leur faudrait dorénavant s'acclimater au changement...

Notre protagoniste voyait alors s'envoler sa famille comme les feuilles ternies de l'automne qui sont arrachées de leurs branchages par les bourrasques d'une tempête. Tout un chacun devait s'adapter à ce qui était à venir, ils devaient se rendre à l'évidence, les choses ne pourraient jamais redevenir telles qu'elles avaient été. Plusieurs parmi eux s'émerveillaient toutefois des prouesses réalisées au nom du progrès. Ce n'est donc pas dans la réticence qu'une majorité de ces sylvains migra vers les cités de l'abondance et de l'aisance. Un avis que ne partageait cependant pas notre héros...

C'est ainsi que des années durant, il erra, vagabond en quête d'un chez soi qui n'existait plus, à proprement parler. Comme tous les autres, il tenta bien les villes, celles des elfes -entendons-nous-, mais il n'y était pas à sa place. Le temps fît son œuvre et d'Ilryn'Saël, il ne garda que le nom, puis, plus rien.




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MessageSujet: Re: Vestige   Mar 18 Oct - 15:28

Un chez soi


C'est le chant d'un merle perché sur son épaule qui l'ôta à son repos. Quel étrange réveil, un merle qu'il ne connaissait pas (il le reconnaîtrait bien assez tôt, dès que ses pupilles se seraient habituées à la lumière diurne). Ses yeux encore à demi-clos détaillaient le petit animal, qui se baladait en chantant sa joie sur le promontoire qu'offrait l'épaule elfique.

- Ah, mais je te reconnais! sa voix était rauque, il y avait longtemps qu'il n'en avait pas fait usage. Accoutumé, il faut croire, à cette voix (et ce même si elle n'était qu'à peine perceptible), le passereau bondit de joie et se mit à virevolter au-dessus, au-dessous de l'elfe avec enthousiasme.

C'est qu'il ne s'était pas assoupis n'importe où; il était perché dans un arbre, adossé au tronc, son équilibre assuré par un réseau de branchages assez solides pour supporter sa légère carrure. Soudain, ce furent deux autres, même trois autres merles qui imitèrent le premier. Sur son autre épaule (il le découvrit dès lors en remuant un peu), un nid d'oiseau composé d'un mélange de fines brindilles, de feuilles et d'herbes séchées. Il y avait ça et là sur ses accoutrements les plumes répandues de ses hôtes. La situation loufoque dans laquelle il s'était réveillé lui arracha un rire gai et franc, qui bien qu'il secoua et mit en péril le nid, sembla également amuser les oiseaux. Il vint le cueillir avant de l'avoir tout à fait rompu de ses soubresauts et le déposa à l'abri du vent, dans une crevasse qu'offrait l'arbre.

Il était d'abord un peu confus, ne se souvenant ni du comment ni du pourquoi il s'était assoupi ainsi assied dans un arbre. En plus des plumes, les feuilles automnales recouvraient son habit et il ne savait pas dire si son accoutrement était trempé d'humidité ou si la pluie était tombée récemment. Il y avait longtemps qu'il était endormi, à vrai dire, très longtemps. Encore heureux que ce ne fût pas le froid hivernal qui le retira à ses songes, il devrait remercier son petit ami bleuté en temps et lieux...

Ses souvenirs refaisaient surface, alors qu'il entendait en contrebas le chant de l'eau. Le ruisseau qui se berçait non loin descendait depuis les montagnes, jusqu'à se jeter dans la baie. Et au-delà, s'étendait la mer. Cela lui revenait à présent, il se trouvait dans une forêt au nord de Baie-Aux-Requins, une forêt qui n'abritait pas quantité de gens, une forêt où il faisait bon vivre. Et, par une nuit particulièrement éreintante où la nature déchaînait ses plus redoutables éléments pour le garder éveillé, il s'était lui-même infligé un sortilège somnifère. Il ne l'aurait recommandé à nul autre, mais curieux qu'il était, il avait fait abstraction de ses propres recommandations.

Vestige était à des lieues de son continent natal à présent, et il ne se faisait plus d'illusions sur l'avenir de sa troupe. Il était tout à fait seul et hantait les forêts plus à l'est, désormais. Lorsqu'il ne se prenait pas pour la cible de ses incantations, il occupait son temps à espionner ce qui pouvait bien se tramer aux alentours. Au vu et au su de la faune locale, il veillait à ce que les points d'eau demeurent salubre, à ce que les abris ne manquent pas, et à ce que l'empreinte de l'homme ne soit pas trop visible. C'était une vie simple, dépourvue de luxes, mais il y trouvait étrangement son compte.




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Vestige, Elfe

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MessageSujet: Re: Vestige   Lun 24 Oct - 16:47

Le fantôme de Boisvert


C'est à peu près à cette période que naquit l'une des vieilles légendes du coin. Car à cette époque (et c'est un temps dont la mémoire des hommes ne garde que peu de souvenirs), il n'était pas plus commun qu'aujourd'hui de trouver des ermites tel qu'Ilryn'Saël au creux des bois.

À peine venait-il de descendre de l’arbre qui l’avait vu dormir plusieurs mois qu’un autre souvenir -moins plaisant celui-là- lui revenait. Un souvenir qui ressurgissait plutôt à son ventre qu'à son esprit; la faim. Après tout ce temps passé à dormir, il était affamé, et ce n'est qu'en se remettant sur pied que la faim commença à se faire ressentir.

C’est alors qu’encore à moitié endormi, notre elfe se mit à déambuler paresseusement au travers des arbres en quête de quelque chose à se mettre sous la dent. Il espérait voir pointer à travers le tapis des feuilles automnales quelques champignons ou baies à ce moment tardif de l’année.
Il était alors loin de se douter que c’est cette journée frigide d’automne qui allait lui permettre d’entrer dans la légende. Attention toutefois à ne pas croire qu’il deviendrait une légende parce qu’il était doté d’une puissance légendaire ou parce qu’il allait accomplir un acte de légende. Il allait en vérité passer à la postérité d’une façon tout à fait bénigne. C’est de cette façon, en tous les cas, qu’il l’aurait expliqué lui-même.

[…]

Par un concours de circonstance tout à fait hasardeux ou par la volonté d'un dieu plaisantin: Vestige trouva de la compagnie dans sa forêt. Alors qu'il se penchait pour poser la main sur une noix qui, pensait-il, lui ferait une collation très à propos, son attention fût attirée autre part par des pleurs juvéniles. Obéissant d'abord à sa curiosité mais également à sa bonne volonté, il se rapprocha des plaintes successives qui avaient trouvé son oreille.

C’était encore à cette époque un véritablement émerveillement pour de jeunes enfants que de rencontrer un elfe des bois. Notre héros en avait bien conscience, et afin de s’éviter de devenir une attraction locale pour les gamins, il choisit de ne point leur apparaître. Même s’il approcha très près d’eux, à quelques mètres de distance, pour tout dire, ils ne le voyaient pas. Il faut dire qu’il était venu d’un pas léger que le seul bruissement des feuilles ballotées par le vent savait recouvrir. Il y avait également son accoutrement qui l’aidait à se soustraire aux regards, parce qu'il était encore et toujours vêtu aux couleurs des saisons, il eut ainsi été difficile pour eux de le discerner parmi les branchages. Mais par-dessus tout, ses talents d’illusionnistes savaient accentuer sa subtilité.  Alors que l'on ne s'étonne guère lorsque les enfants perdus diraient plus tard avoir été secourus par un fantôme.

- Que faites-vous ici, jeunes gens? Susurrait-il vers eux, sur un ton doux, destiné à ne pas plus les effrayer qu’ils ne pouvaient déjà l’être.

Sa voix semblait venir de toutes directions, et cela rendait encore plus ingrate la tâche de le trouver du regard. C’était un petit tour de magie qu’il pratiquait fréquemment afin de ne pas être découvert.


- Nous sommes perdus! Scandaient les plus courageux des garçons, alors que leurs pairs persistaient à brailler.

- Venez, suivez ma voix… C’est ce qu’il allait répéter sans n’avoir de cesse que lorsque les gamins soient rentrés chez eux et aient quitté son chez lui.

Cette histoire se déroulait bien avant le schisme qui allait priver Vestige de la plupart de ses pouvoirs. Aussi avait-il à l’époque cette capacité magique de faire sa voix envoûtante, de faire en sorte qu’elle influence les esprits faibles. C’est ce qu’il allait faire afin de s’assurer que les enfants ne prennent pas peur et soient bel et bien reconduits de par sa voix jusqu’à leur village. C’était un sentiment de bien-être qui venait envahir les jeunes gens, à l’écoute de cette voix enchanteresse. Une impression de sécurité les forçait à penser que c’était la bonne chose à faire que de suivre la voix. Bien entendu, ce procédé n’était en vérité qu’une illusion, mais la voix mystérieuse n’en était pas moins salvatrice.
Une fois parvenus dans les bras de leurs mères et dans le confort de leurs foyers, les gamins allaient raconter comment un fantôme les avait sauvés et ramenés sains et saufs. Si plusieurs s’entendaient pour dire que ce pouvait être le fruit de leur imagination débordante, il fallait tout de même prendre en considération le fait qu’ils racontaient tous la même version. Aussi vint-on à croire qu’il résidait bel et bien dans la forêt de Boisvert un esprit. C’était une idée qui était loin de plaire aux habitants du village, d’ailleurs. Car si bien vite on adopta le fait que les bois étaient hantés, on était moins certains des intentions bienfaitrices du fantôme.

Perché à l’orée de la forêt, où il avait désormais l’habitude de se rendre afin de se prémunir des chasseurs de fantôme, l’elfe sylvain entendait ce que l’on prétendait du fantôme de Boisvert. L’un prétendait que c’était le fantôme lui-même qui avait à l’origine égarés les enfants. Un autre miséreux, lui, vociférait que le fantôme avait enlevé son chien. On l’accablait à présent de tous les maux inexpliqués et de ceux qui étaient autrefois attribuables à la malchance. En quelques années à peine, on l’avait rendu coupable de disparitions inexpliquées, de bêtes dévorées et de moissons gâchées. En effet, les gens ne pouvaient plus disparaître que de par sa faute. Et c’était aussi de par sa faute, et non de celle des loups, que les troupeaux étaient attaqués. Sans oublier les récoltes, qu’il devait aussi affliger plus que les insectes et une mauvaise météo combinés.

Ce n’était hélas pas tout, il y avait aussi des aventuriers qui venaient d’un peu partout à Boisvert, attirés par l'or et la gloire, afin de défier le fameux fantôme de la forêt. On émettait des contrats et encourageait divers mercenaires à mettre un frein aux activités de «l’être lugubre dans les bois». Voilà ce qu’il avait lu sur un parchemin échappé par l’un de ces misérables dans la forêt.

S'il pouvait précédemment errer tranquillement à sa guise, il n'en fut alors plus rien. De jour comme de nuit, quelques drôles arpentaient la forêt, secouaient les arbres et gueulaient au fantôme de se montrer. Il était parfois contraint de donner la frousse aux plus éreintants, et cela ne fit qu'accentuer sa légende. Par conséquent, avant de tomber dans un filet ou que ces miséreux ne mettent le feu à sa forêt, il fut contraint de lever les feutres. Voilà qu'après des siècles d'errance, lorsqu'il avait enfin trouvé un petit coin qui lui plaisait bien, on venait encore le forcer à l'exil.
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MessageSujet: Re: Vestige   Mar 8 Nov - 18:16

L'Incendie


Il était trop tard pour espérer qu'on passe l'éponge sur sa présence. Hélas, à peine avait-il entreprit sa fuite qu'une puissante odeur vint lui emplir le nez et lui imposer une vive grimace. C'était une odeur qu'il détestait épouvantablement, une odeur qu'il connaissait trop bien: celle des feuilles embrasées, celle de l'écorce qui brûle, celle d'un feu de forêt. Il n'en était malencontreusement pas à son premier feu de forêt, et voilà pourquoi cette peur dévorante vint à saisir son cœur. Les hommes s'étaient décidé à ne plus avoir de voisin...

Il lui fallait faire vite, déjà, les flammes semblaient surgir de partout. Il n'y avait plus pour lui de passage qui soit sauf. Chaque branche à laquelle il se balançait pouvait céder, chaque tronc sur lequel il courrait pouvait défaillir, et l'un ou l'autre allait alors le livrer à l'enfer qui sévissait plus bas. Il n'y avait plus guère de sentier qui soit visible à travers l'épais nuage de fumée. Ce dernier n'était pas moins dangereux que les flammes à son origine, car s'il emplissait l'air, il s'attaquait du même coup à la respiration de notre malheureux héros. Quelle chance ce fut qu'il soit en altitude lorsqu'il réalisa quel funeste destin les hommes lui réservait.

Il ne progressait pas assez rapidement, il en avait bien conscience. L'épouvantable chaleur, l'insécurité de chacun de ses pas et son ardent désir de sauver ce qui pouvait l'être, tout cela freinait son allure. Ses amis ailés pourraient sans doute s'envoler, de plus petites bêtes trouveraient refuge sous terre et les autres avaient probablement été sauvées par un odorat largement supérieur au sien. Cette brève analyse le rassurait, mais occupait ses pensées alors qu'il bondit sans être tout à fait concentré sur sa tâche.

Un craquement sonore marquait son atterrissage. Puis d'autres, moins retentissants, annonçaient sa chute. Il filait à travers les branchages, mais la chance devait l'avoir abandonné ce jour-là; rien pour le retenir. Il pensait bien avoir atteint le sol lorsqu'il n'y eut plus en pensées que la douleur lancinante qui parcourait son corps...

Pas encore; c'est qu'il avait frappé un tronc et que son plongeon devait se poursuivre...

Il ne s'offrait plus à ses yeux que son propre sang. Cette dernière collision l'avait fendu au front, le sang lui emplissait dorénavant la figure. Il ne pourrait pas même contempler sa dernière culbute. Ce dû être un spectacle remarquable, mais il n'en garderait comme souvenir que l'assurance de trouver la mort.

Après ce qui sembla lui durer une éternité, il trouva enfin le confort de l'inconscience. Ce qu'il prit d'abord pour le grand départ lui vint sous la forme d'un rêve, un rêve durant lequel il avait une affreuse migraine...

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