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 La chute de l'empire d'Ur'Menoch

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Batman

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MessageSujet: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Mer 24 Aoû - 13:42

Explication HRP:
 

L’envahisseur de Menoch

Il y a maintenant plusieurs semaines que les réfugiés de Valacirca étaient arrivés en Menoch. Une hausse du nombre de mendiants avait été remarquée dans toute la ville et bien que les guildes pour la plupart tentaient d’aider au mieux tout un chacun, rien ne suffisait.

Le manque de nourriture avait créé plusieurs conflits et les mélophores devaient maintenant créer des prisons de fortune pour enfermer tous les troubles fêtes qui exagéraient. Alors que Menoch vivait certaines difficultés, des rumeurs courraient que Baie-Aux-Requins avait subi le même sort que Valacirca. Plus aucun contact.

Lentement mais sûrement, les gens tentaient de survivre et de subvenir aux besoins de leur famille et les gens de Menoch normalement accueillants, se renfermaient face à ce qu’ils appelaient maintenant « les envahisseurs ».



Menoch, une cité confinée

La saison de l’été arrivait à son terme quand des membres de l’actuel Arcaneum de Menoch constatèrent que des failles s’étaient mises à se rouvrir ici et là, en bon nombre, et en alertèrent la population comme ils en avaient coutume. Ni les membres, ni les volontaires ne semblaient assez nombreux pour en contenir le débordement, mais ils ne s’y efforçaient pas moins. Les créatures pacifiques étaient contenues par voie diplomatique de l'Arcaneum, alors que la force guerrière de celle-ci repoussait quant à eux les créatures hostiles venant de faille et les refermait conformément au procédé de la guilde du savoir.

Les marchands débordés travaillaient à prix moindre pour pouvoir suivre la courbe économique de la cité qui était en chute libre, les économies accumulées par les citoyens s’épuisant. L’or se dévaluait, au profit de denrées, alimentaires surtout, qui se faisaient de plus en plus rare, d’autant plus depuis la recrudescence de l’apparition de failles qui rendait les travaux des paysans, fermiers, chasseurs et pêcheurs plus périlleux que jamais. Les plus généreux parmi les membres de la guilde Marchande allaient jusqu’à offrir ici et là parfois, les surplus invendus à une population qui pâtissait des pénuries comme de la faim.

Les mélophores conformément à leur pouvoir, prirent des directives pour éviter qu’une anarchie emporte la ville. Ils établirent un couvre-feu, des distributions de rations, augmentèrent le nombre de leurs rondes et accentuèrent leurs présence. Prenant le pas sur le Conseil et avec la bénédiction de l’élusif Vizir, ils décidèrent d’instaurer loi martiale, leur permettant de codifier les mesures qu’ils implantaient au nom de la sécurité, et de leur donner de facto force de loi.

Pourtant, ces mesures radicales ne suffirent pas. Les autorités, qu’il s’agisse du Vizir, du Conseil, comme des mélophores, voyaient leur pouvoir s’éroder face à cette marée humaine enragée par la faim et par la peur. Les émeutes et les troubles renforcèrent l’idée de concession absolue du pouvoir aux mélophores pour éviter que la ville ne sombre tout à fait dans le chaos.

La ville avait vu ses portes fermées et des dérogations étaient maintenant nécessaires pour pouvoir quitter et revenir. La possibilité de sortir de la ville était toujours présente, mais sans dérogation, impossible de revenir parmi les murs.




Des ouvertures inquiétantes de failles

C’était le milieu de l’automne, saison qui importait peu dans le désert. Un peu de fraicheur, mais sans plus de conséquence. La nourriture était plus rare encore et les mélophores tentaient de garder Menoch sécuritaire malgré tout. La situation, contrairement à ce que tous auraient cru, allait en se dégradant.

Alors que la populace attendait pour recevoir sa première ration de la journée, deux files allant du port à la banque, l’alarme de la porte nord et sud retentit soudainement. L’inquiétude et la confusion pouvaient alors se lire sur le visage des hommes et femmes de toutes races confondues, faisant le pied de grue pour obtenir leur ration du jour. Les mélophores se divisèrent en groupe pour aller à la fois vers la porte sud et la porte nord. Un groupe de mélophore contrairement à ses habitudes, débarqua à l’Arcaneum.

Quelques minutes après, les gens de l’Arcaneum équipé accompagnaient les mélophores en deux groupes aussi. Une explosion se fit entendre contre la porte nord. Puis le silence. Dans le quartier mélophore, les gens se regardaient à tour de rôle, tentant de capter la moindre information.

Le constat fut le suivant : des dizaines et des dizaines de failles se sont ouvertes un peu partout sur les landes, autour de Menoch, laissant entrer plusieurs créatures dans les landes. Les créatures semblaient se regrouper devant les portes et avaient tenté un assaut sur la cité.

Devant la débandade et de si inquiétants auspices, les mélophores et l’Arcaneum firent un conseil de guerre d’urgence pour évaluer la situation. Plus le temps passait plus des failles continuaient de faire débarquer de nouvelles créatures. À croire qu’une armée issue d’un autre plan avait pour dessein la conquête du continent.




Une solution tardive

Une guerre était inévitable et pour éviter des pertes parmi les civils, le plus important pour l’Arcaneum était d’évacuer le plus de gens possible. La solution vint de la guilde marchande qui avait commencé à emplir un immense bateau empli de richesses et de denrées avec pour dessein de quitter Menoch, dont le confinement devenait insoutenable et qui semblait, depuis peu, attirer créatures du Voile comme la flamme attire les insectes nocturnes. Les mélophores prirent la décision de saisir le bateau et un plan d’évacuation fit mise en place, affrétant trois nefs sises au port de Menoch, dont l’opulent navire de la guilde marchande. Bon gré mal gré, la majorité des représentants des autres guildes, Arcaneum comme Marchands durent concéder le bien fondé de telle initiative : face à un tel déferlement de créatures, les méthodes conventionnelles risquaient bien de ne pas suffire. Si les halls de l’Arcaneum avaient bien été couverts de runes protectrices, si à l’intérieur avaient été préparé un portail qui pourrait s’activer vers les deux autres havres préparés par la guilde et ses volontaires, cela ne constituerait au mieux que dernier bastion et méthode de fuite, qui confinerait à la résistance sur le continent déjà envahi et profondément compromis. Grâce aux bateaux, comme aux préparatifs réalisés sur le continent, il semblait, survivants pourraient se répartir, et accroitre leurs chances d’échapper au chaos qui semblait déferler.

Le plan était presque à terme quand le cor de guerre résonna dans Menoch. L’assaut ennemi commençait.

Les mélophores et l’Arcaneum tentèrent grâce à diverses tactiques de résister les différents assauts sur les deux portes de Menoch pendant que les représentants de la guilde marchande faisaient embarquer les gens dans les bateaux.

Malheureusement, l’ennemi en surnombre aura tôt fait en quelques heures de passer la porte nord. Au nord, la ferme était ravagée et l’ennemi avançait rapidement. Le pont reliant les fermes à la cité est alors détruit pour ralentir l’avancée de ses inquisiteurs.

Alors que la situation dégénérait et que tout semblait perdu, l’anarchie débuta. Les combattants désirant eux aussi prendre part au départ désertèrent leur poste, les bateaux furent rapidement surchargés. Les créatures passèrent la porte sud et ce fut la fin. À cet assaut, des mélophores

restants tentèrent de retenir le plus possible les créatures alors que les bateaux entamèrent leur départ devant les cris de déceptions et les insultes de ceux n’ayant pu prendre bord encore. Il y avait lieu d’espérer que certains de ces survivants prendraient la route des havres préparés par les volontaires sentant l’imminence du désastre, s’ils le pouvaient. S’ils en étaient capables, certains se replieraient vers les souterrains de l’Arcaneum, et vers les portails, pour peu que le bon mot fut soufflé, qui les mèneraient qui à la source pure de la montagne, le cercle druidique ou la forteresse désertique. Là où des provisions les attendraient, où des bâtiments sécurisés de runes leur servirait de toit, où peut-être les dryades, protectrices de la nature et dotées du mandat de protéger ce monde, veilleraient sur eux. Attendant qu’ils trouvent une autre échappatoire vers la mer, ou que le continent soit arraché des mains des entités qui venaient de s’en emparer. S’ils survivaient jusque-là.

Alors que les bateaux prenaient le large, la ville fut rapidement scène d’un massacre géant. L’un des bateaux fut pris d’assaut par des créatures volantes de forme démoniaque, malheureusement, le bateau pris le fond. L’Arcaneum avait scellé magiquement son entrée aux entités déferlantes, comme la guilde l’avait préparé en cas de catastrophe. Mais la majorité des survivants, confus, terrifiés et fuyant au hasard furent rapidement capturés ou massacrés par les différentes créatures qui prenait Menoch. La fumée se dégageait au loin… Les deux bateaux prenaient le large vers une destination inconnue. Le sort était incertain, tant pour les survivants demeurés sur le continent, que comme ceux égarés sur les flots tumultueux.




Terre en vue!

À bout de souffle après plusieurs semaines en mer sans point d’accoste, la vigie s’écriait : TERRE EN VUE! Il sembla qu’à ce cri, les occupants des deux bateaux surchargés poussèrent un soupir de soulagement comme un seul homme. Chaque approche pour accoster vers un continent s’était soldée par un échec. Les rations diminuaient encore plus rapidement sur le navire qu’en Menoch et cette terre était peut-être ce qu’ils attendaient tous.

Quelques heures suivant, le bateau accostait sur le rivage d’une île éloignée du continent. Des hommes et femmes survivants prirent quelques armes et partirent faire l’inspection du lieu. C’était trop calme pour être honnête…

Finalement et heureusement, les éclaireurs revinrent en portant du gibier, souriant. La terre était accueillante. Les gens s’installèrent, et eurent le sourire pendu aux lèvres pendant plusieurs jours, le cœur en liesse de goûter un tel répit… Finalement au bout d’un mois, le bateau qui trainait fut démonté pour aider à la construction d’un quai et d’installation grossière pour satisfaire les besoins de cette nouvelle petite colonie. Le temps avançait et finalement, cette terre avait été adoptée par l’ensemble. Vous êtes de ces survivants. Ici, il n’y a plus de guildes qui dirigent, plus de Vizir, plus de lois, tout est à refaire.

Serez-vous de ceux qui établiront ce Nouveau Monde?
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Siv

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MessageSujet: Re: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Ven 26 Aoû - 0:45

-Air-



L’air de Menoch, outre les remugles rances associés au cloisonnement d’une marée humaine, semblait charrier une odeur de peur et de révolte. Un air qui semblait rendre plus écrasantes les enceintes qui laissaient bien souvent à la shamane, depuis son arrivée dans la capitale désertique, l’impression de la suffoquer.

Ainsi, la prise de pouvoir des mélophores, avec le possible assentiment du Vizir, ne tenait en rien de la surprise. Le Conseil de Menoch avait toujours avancé à pas de tortue, sous la tutelle d’un Vizir élusif dont la décision semblait souvent tenir de l’arbitraire, quand il daignait en prononcer. La situation de crise imposait des actions diligentes, choses que ni le conseil d’une lenteur procédurière qui l’incapacitait, ni le Vizir désintéressé des affaires publiques, ne pouvait prendre en main. Quant à Siv, menant de front les affaires de l’Arcaneum, faisant office de « magistère » sans en avoir, ni n’en vouloir le titre, elle se satisfaisait de voir les affaires politiques et du maintien de l’ordre soutenues par d’autres : elle avait à cette heure bien d’autres priorités.

Dès la promulgation de la loi martiale, elle se décida à demander dérogations pour tout membre de l’Arcaneum actif, ainsi que pour tout volontaire. Leur mission, plus que jamais, était d’agir à titre d’éclaireurs mais aussi d’avant-garde pour cette cité qui se repliait sur elle-même, menacée par le vélin du monde même qui se déchirait de ci de là. Hussam n’avait pas tardé à approuver la requête, car malgré le recrutement massif de volontaires pour grossir les rangs des capes écarlates, le Général avait les mains pleines avec la situation en ville, et sans doute ne rechignait-il pas à avoir un peu d’aide sur un front qu’il aurait peiné à couvrir. Il s’en trouverait sans doute pour contester la décision du Général, à pester et à regimber contre les privilèges accordés, mais les membres et volontaires dotés de cette permission ne restaient pas les bras croisés, et parvenaient au moins à justifier la décision du chef des mélophores en se rendant utiles.

Quotidiennement, la shamane imposait des rondes, et formait des groupes, puisque vu l’accroissement des risques et des troubles, sortir seul tenait du risque. Chaque jour imposait de nouvelles peines, les failles semblaient se multiplier, et il arrivait parfois à l’un de ces groupuscules de passer parfois quelques jours hors des enceintes, allant d’une brèche à l’autre, avec aussi peu que quelques instants pour une halte permettant d’étancher une soif, d’assouvir un besoin pressant ou de tirer un peu de viande séchée d’une besace pour grignoter. Les équipées rentraient généralement chargées de denrées devenues inaccessibles pour les citoyens cloitrés : nourriture cueillie dans les champs où elle était laissée à pourrir par des fermiers terrifiés, fruit de chasse, viandes parfois douteuses acquises sur ce que l’équipée avait dû occire et qui semblait vaguement animal, mais également des pierres d’âme marquées des runes « An Ort », laissées en réserve aux mélophores en cas d’apparition de failles au cœur de la cité. Car devant l’horreur matérialisée, elle ne pouvait encore s’empêcher de se préparer au « pire ».

Après un répit qu’elle avait jugé aussi réparateur qu’égoïste, où elle s’était offert le luxe d’appartenir en tout à la vie neuve qu’elle s’émerveillait encore d’avoir engendré, plus que jamais elle s’efforçait de donner de sa personne. Il lui arrivait désormais, plus souvent qu’autrement, de laisser son enfant, Eirieth, aux soins de Mordecai, pour peu qu’elle ne soit pas d’un groupe de rondes elle-même, pour veiller à la fermeture de failles jusqu’à ce que toute énergie et toute force se fut retirée d’elle. Pourtant, tant d’efforts, d’acharnement, ne semblait guère suffire à colmater la trame du monde, qui de toute part semblait s’effriter. Elle savait bien, trop bien, que la situation était intenable, et que le fond de l’air semblait chargé de signes concernant l’imminence de la catastrophe, ce qui laissait, malgré les chaleurs estivales écrasantes, courir contre son échine un frisson.
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Siv

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MessageSujet: Re: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Ven 26 Aoû - 0:46

-Feu-



Elle bondit un matin du matelas de l’appartement portuaire, comme s’il eut était fait de braises, réveillant d’office son compagnon, un peu bourru d’être privé d’un temps de sommeil si chèrement acquis, puis soudain rendu inquiet par la lividité de sa conjointe. Un pressentiment, une prémonition, l’avait réveillée, comme un mauvais rêve. Davarion s’efforça de la convaincre, et peut-être de se convaincre lui-même, que c’était bien de cela qu’il s’agissait, un mauvais rêve, en l’invitant à se rendormir.

La perspective du sommeil qui lui faisait cruellement défaut, comme celle de l’étreinte rassurante de son comparse ne suffit pas, cette fois, à la persuader de regagner le lit. Elle se pressa sur les quais, où dès les aurores s’étiraient de longues files dont la tête était dans le voisinage de la banque, où s’entassaient ceux pour qui les provisions faisaient défaut. Si leurs expéditions périlleuses hors des enceintes devaient avoir un mérite, c’était bien d’épargner à son ménage comme aux autres volontaires, par les trouvailles de denrées dénichées sur les landes laissées en friche, les longues heures à faire la queue pour des rations de plus en plus maigres, où des familles entières s’entassaient en file, tenaillées par la faim comme le désespoir.

Elle se fraya un chemin vers la grande place, pour entendre là sonner les cors d’alarme. Assez tôt, alors qu’elle arrivait à peine à la hauteur du bâtiment de l’Arcaneum, il lui fut donné de tomber face à face à un groupuscule de mélophores, à priori mené par Sethlim, qui était, il semblait, de toutes factions et de tout combats à cette heure. Sans surprise, on mandait l’aide de la guilde de la magie et du savoir. La situation était critique, la ville, semblait-il, était sous un assaut soutenu tant sur le front nord et sud. C’était en urgence que les membres de l’Arcaneum disponible étaient convoqués pour un conseil de guerre. Prenant forme de corvidé, elle s’efforça de dénicher Davarion, Aethyr, et tout autre volontaire qu’elle eut pu trouver, de leur expliquer sommairement la situation et d’inviter à l’accompagner tout individu désireux de comprendre la situation et de se faire entendre en cette heure où tout semblait se jouer.

Le feu d’une guerre, entre ce plan et un autre, était aux portes de la cité.

La mobilisation de la majorité des ressources disponible semblait un moindre mal, alors que se jouait le sort même de Menoch, et au-delà de ce sort, la survie même de ceux s’entassant dans les murailles de la cité. Elle accueillit favorablement l’idée de l’usage de trois nefs : les défenseurs pouvaient facilement être débordés, et par ailleurs les protections mises en place par Aethyr et elle-même, les préparatifs étalés sur des mois et menés à bien par Ivory, pouvaient très bien ne pas suffir à protéger les rescapés de l’assaut. Siv veilla à s’assurer de la distribution de bijoux parés de runes protectrices, de pierres d’âmes engravées de formule de dissipation presque devenues communes, de parer de runes les harnois et les armes des défenseurs de fortune qui avaient négligé ce genre de pratique, et d’offrir bénédiction des esprits naturels, conférant force, vivacité et astuce à qui en bénéficierait. Les préparatifs pouvaient sembler négligeables, mais contre des forces surnaturelles, peut-être, pour certains, feraient-ils la différence entre survie et trépas dans le feu de l’action. Elle répartit les forces des individus qu’elle avait pu mobiliser, préservant Aethyr et Davarion à ses côtés. Avant de monter au front, ils s’en furent chercher le nourrisson qui encore dormait dans un couffin de fortune dans la pauvre garçonnière dont la vocation semblait à cette heure pâtir. Il valait mieux laisser l’enfant en lieu sûr, pourrait-on objecter. Mais, en cette heure, plus aucun lieu n’était aussi sûr qu’avec ceux de son clan.

C’était ensemble, s’était-elle promis, qu’ils confronteraient le feu du combat. C’est ainsi, ensemble, chacun usant du meilleur de leurs dons et idées, qu’ils firent vaillamment front, face aux forces issues des brèches, ayant pour dessein de consumer Menoch, et de laisser dans le sillage de son embrasement cendres pour tout vestige.

Hélas, flamme à ce point dévorante n’est pas si aisément éteinte.

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Siv

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MessageSujet: Re: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Ven 26 Aoû - 0:48

-Eau-


Ni les efforts conjugués des survivants, ni leurs prouesses d’arme, ni la magie, ni les précautions, ne semblaient suffire à repousser l’envahisseur issu des brèches du Voile.

Menoch était perdue, et ce constat imposait le repli vers le port, et les nefs affrétées. Les représentants de la guilde marchande s’efforçaient d’accueillir la marée humaine qui convergeait, alors que les forces de l’Arcaneum et des Mélophores, adjoints de la multitude de volontaires capables de porter les armes, mobilisés pour leur propre survie, faisaient office de rempart entre la foule et les hordes de créatures aussi meurtrières que déchainées. Mais les forces martiales s’épuisaient peu à peu, et il s’en fallait de peu parfois pour que les lignes s’enfoncent sous les assauts répétés des entités, infatigables, galvanisées par on ne savait quelle force.

À la craie, sur les ponts où repliaient les gens d’armes, Siv s’efforçait de tracer des runes pour constituer une barrière magique, qui laisserait un temps de répit peut-être, pour que les forces épuisées puissent se regrouper. Au près d’elle, Davarion faisant office de mur humain, la gardant tant des créatures voulant fondre sur elle que de la foule de survivants qui, en sa déroute paniquée, risquait fort de la piétiner.

Les runes s’illuminèrent un temps, dressant quelques arches bleutés sur lesquelles entités fondirent sans pouvoir la traverser. Mais, cette barrière, comme tout autre rempart, ne tiendrait qu’un temps. La fin des combats semblait inéluctable, ainsi que la défaite. Les mélophores, volontaires ou vétérans en étaient pour la plupart à rejeter leur cape écarlate pour se mêler à la rivière humaine remontant sur les pontons des trois navires accostés. Seuls quelques hommes et femmes, que certains diraient acharnés, opiniâtres ou suprêmement dévoués à leur devoir, semblaient demeurer à quai, parmi lesquels se dessinaient les visages de Sethlim, et de Hussam.

Siv somma Davarion de prendre la petite, de la mettre en sûreté, sur un navire, avec Aethyr. Elle promit de le rejoindre. Il restait encore tant de gens à quai, désœuvrés, désemparés… Peut-être pourrait-elle aider encore un peu la ligne de front dégarnie à tenir. Peut-être pourrait-elle alimenter encore d’un peu de ses forces, de sa magie, la barrière qu’elle avait dressée.

L’Eodh accueillit la proposition d’un « NON », d’une telle véhémence, qu’il sembla un instant couvrir le tumulte de la foule en panique, le hurlement des créatures comme des blessés, et le fracas des combats. Et sans plus attendre, il prit son bras et s’efforça de l’entrainer vers le quai d’embarquement, où la foule confluait.

Elle eut un instant de protestation, et héla parmi la foule restée à quai, les noms des derniers défenseurs dont elle avait entrevu les traits.

« -Sethlim, Hussam !»

Si encore ils croyaient au salut de Menoch, sans doute la retiendraient-elle, requéreraient-ils encore de ses services. Mais en l’expression de Sethlim elle crut reconnaitre ce qu’elle avait entrevu tant de fois, une forme de détermination empruntée que certains diraient suicidaire. En un acte qui se voulait héroïque, il courait encore une fois à toutes jambes à sa perte.

Combien de fois avait-elle essayé de sauver le Dashnir de lui-même, sans grand succès? Sethlim était le vivant paradoxe, animé de motivations parfois contradictoires, parts de lui se contredisant sans cesse, au point où il n’avait de cesse de jouer contre lui-même. L’homme était un survivant, parfois dit bon vivant, mais dont la vie semblait lui peser, et qui semblait foncer vers tout prétexte pouvant lui offrir une fin à semblance héroïque.

Peut-être n’avait-il pas entendu. Ou peut-être délibérément ne l’avait-il pas rejoint. Cette fois, d’entre toutes, elle eut un sourire triste, mais résigné, à la pensée qu’elle ne parviendrait pas à sauver le Dashnir de lui-même.

En cet acte de résistance, elle eut une pensée pour ceux dont elle n’avait pas aperçu les traits dans le tumulte. Sarasvati, Nishant, Maryel et Firas? Sans doute étaient-ils à bord de la nef marchande, dont le commandement reviendrait sans doute à l’opiniâtre fée noire, survivante par nature, millénaire de longévité, et qui en était au second monde qu’elle voyait filer entre ses doigts. Ivory, et Sathir, qu’elle savait fragile face à l’effritement de ce monde, qui comme Sethlim, à sa façon, ne désirait pas survivre au nom de la seule survivance? Sans doute Ivory l’aurait-elle tracté de gré ou de force sur l’un des navires, le portant sous un bras tout en portant sa sœur sous l’autre, forte pour eux trois, non comme un homme comme elle prétendait souvent l’être, mais, par force du cœur, un géant ce jour-là. Ses pensées s’en furent aussi vers Nomia, Dagon et Xavian, retournés vers les marais de Crebain’Dor, dont elle était sans nouvelle depuis si longtemps. Valacirca n’était plus sûre, mais le cœur et la communauté recluse, peut-être, aurait-elle survécu…?

Laissant ses songes dériver, elle eut une pensée pour les absents de son clan. Linaïck, Seol, Aeidan, Sunniva… et même Mordecai, qu’elle avait cru apercevoir à quai avant de la perdre de vue, à moins que dans la foule, elle ne l’ait confondu? Son cœur semblait saigner à cette pensée. Elle se répéta, comme pour s’en convaincre, que son clan, Sovenghärd, s’était façonné sur la première rupture, que sa vocation était la préservation de savoirs, mais également la survie. Et qu’encore, Sovenghärd prévaudrait, sous la guidance des Astres, à cette seconde chute comme il avait prévalu pour la première.

Riche de cette conviction, elle suivit Davarion et Aethyr sur le quai. En eux, en elle, et en son enfant, le clan pour l’instant semblait s’incarner. À ses compagnons, la shamane désigna parmi les choix la seconde nef, celle qui lui paraissait de meilleur auspice, d’intuition. Non pas la luxueuse nef de la guilde marchande, dont l’ostentation et la taille en faisait cible de choix parmi toutes. Non pas, non plus, le plus petit des navires qui semblait déjà enfoncé aux trois quarts dans les eaux tant il était surchargé.

À peine à bord, entendirent-ils le capitaine ordonner de lever l’ancre. La vue des marées monstrueuses avaient fait pâlir le vieux marin, et il préférait quitter le port au plus preste, avant que les vagues de créatures ne viennent se fracasser sur sa coque. La nef majestueuse de la guilde marchande ne tarda pas à l’imiter. Depuis le quai, montaient les avanies et les cris de ceux laissés pour compte. Le troisième navire, déjà surchargé, s’était attardé peut-être par faiblesse du cœur pour tous les désoeuvré, et manquait déjà de couler de lui-même sous le poids des passagers qu’il accueillait. C’est plus tardivement que le dernier capitaine vint à lever l’ancre, plus lentement que son navire surchargé s’engageait sur les eaux du port déjà rougies de sang. Certaines des créatures capables de voler, nager, ou encore disposant de dons de téléportation eurent tôt fait d’atteindre le navire croulant sous le poids de ses passagers, sacrifice à la marée ignominieuse que laissaient derrière les survivants occupant les deux autres nefs.

Ce spectacle, et son horreur, laissait battre le sang aux tempes de la shamane, semblant la rendre sourde et aveugle un instant à toute autre chose.  Seuls les pleurs de son enfant la firent sortir de sa torpeur médusée. Serrant le bébé contre elle, cherchant à l’apaiser tout en le retenant étroitement pour qu’il ne fut pas bousculé par la foule pressée sur le pont, elle se retenait, profondément bouleversée, de ne pas en faire autant. Tous les efforts avaient été vains. L’Arcaneum avait failli, et de par la chute de Menoch il cessait d’être.

Après un temps, pour rassembler ses esprits, elle articula, du bout des lèvres. « Aethyr… As-tu conservé la boite de la Djinn? Le temps serait peut-être venu, de faire un vœu, pour ceux que nous n’aurons pu sauver, ce jour d’hui. »

(…)

Peut-être par malédiction pleine de vindicte d’un mage laissé à quai, ou encore à cause des failles qui ne dédaignaient pas les eaux pour s’ouvrir, la traversée fut mouvementée. La déferlante de monstre laissait place à la tempête et au déchaînement des éléments. Beaucoup de preux renoncèrent à leur armure, de crainte de voir leur navire entrainé par le fond comme cette troisième nef, dont ils avaient vu certains survivants harnachés couler à pic une fois leur navire éventré par les entités. Le roulis avait telle intensité qu’il arrivait à faire verdir certains Ansgar au pied marin. L’entrepont ne tarda pas à répandre une odeur infâme.

Il arrivait, dans la tempête, de voir surgir une entité volante des cieux noirs. Tôt, mages et archers parvenaient à occire telles apparitions. Ceux demeurant sur le pont tremblaient, pour la plupart, à l’idée que l’un de ces éclaireurs repère la nef sans être vu, et ne ramène vers le navire quelque nuée de créatures dont les survivants ne pourraient avoir raison.

Ayant confié l’enfant en mains sûres, Siv demeurait sur le pont malgré la tempête, déterminée à s’épargner l’entrepont encombré qui la rendait plus nauséeuse encore qu’un mauvais matin de maternité adjoint d’une morsure d’araignée maléfique (pour faire bonne mesure), mais aussi à dompter les éléments qui semblaient eux aussi se tourner contre les survivants.

Sur les planches du pont, elle se ménagea un cercle, ou elle traça bon gré mal gré, de la pointe de sa lame, les motifs et glyphes pour établir un cercle druidique. Élevant la voix dans la tempête, elle s’évertua d’énoncer les bénédictions ancestrales, et les mots de pouvoir qui doteraient le cercle protecteur de ses usuelles vertus. Au cœur de ce cercle, sous la solide averse, elle se plongea en méditation, usant de ses forces, susurrant bénédiction sur bénédiction, en appelant à ses ancêtres, aux esprits naturels patrons des eaux et des vents, jusqu’à ce que le soleil vienne à poindre, et que la mer se calme.

Déjà, les survivants soupiraient de soulagement, la tempête passée.  Mais, par-delà le déchainement des eaux, ne savaient-ils pas qu’ils n’étaient pas au bout de leurs peines?
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Siv

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MessageSujet: Re: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Ven 26 Aoû - 1:07

-Terre-


Sur les flots désormais tranquillisés, la nef surchargée sur laquelle cette parcelle de Sovenghärd se trouvait avançait, voiles gonflées, vers l’inconnu. Le temps du voyage s’étirait, les provisions dont la nef était chargée se raréfiaient. Plusieurs réfugiés avaient conçu cannes à pêche de fortune et le poisson cru faisait office, parmi les passagers, de nouvel or contre lequel commodités et services s’échangeaient. La tempête, le tumulte et le chaos faisaient place à l’attente, qui était presque aussi douloureuse pour certains survivants.

Le pesant cargo humain du navire était plus que disparate. Parcourant le pont encombré durant le périple, la shamane avait trouvé là, parmi les survivants, courage comme couardise, noblesse comme ignominie, générosité comme égoïsme, bonté comme cruauté. Chose marquante entre toute, ces sentiments, hauts comme bas, n’habitaient pas toujours les cœurs que l’on pouvait suspecter. Il lui avait été donné de voir quelque enfant rassurant ses parents brisés par la perte des avoirs d’une vie, de quelques mots d’optimisme mû par la joie simple de l’interruption de la déferlante des monstres. Elle avait aussi dû chasser par une nuée d’insectes un malvenu cherchant à forcer une pucelle sous le couvert de la nuit, espérant peut-être que la pénombre dissimule sa cape souillée, qui en un passé pas si lointain eut dû être immaculée. Il lui avait été donné de voir des vétérans aux traits elfiques, ayant traversé au fil des siècles on ne savait combien de guerres et combats se liquéfier face à ce qui semblait être désormais la fin de toute civilisation. Il lui avait été donné de voir une ménagère en passer une autre par-dessus bord pour lui ravir son quignon de pain. Par ailleurs, elle avait pourtant vu certains, parmi les premiers embarqués qui avaient pu se charger de provisions, les partager sans compter avec ceux que la faim tenaillait.

De son mieux, elle essayait d’améliorer l’ordinaire de ses compagnons d’infortune. Par l’énergie naturelle qu’elle catalysait, elle veillait à conjurer le vent lorsqu’il se mourait, pour gonfler à nouveau les voiles et mener la nef vers l’horizon et, dans l’idéal, une destination sûre. Elle s’efforçait également de soigner les plaies des corps et les maux d’âmes des autres survivants qui le voulaient bien, comme elle avait coutume de le faire sur le continent, en des temps plus paisibles, plus heureux.

Dans son périple, à défaut d’avoir pu se charger de ses possessions, l’humanité, voire l’ensemble des races, emportait pour tout bagage ses vertus et ses vices, ses qualités comme ses tares. Toute cette marée d’êtres de toutes tailles, de toutes couleurs et de tous âges n’avait que ceci de commun :

Ils avaient survécu.

Tous demeuraient par ailleurs fébriles. Les provisions s’épuisaient, mais c’était là un moindre mal, comparativement à la diminution des réserves d’eau, et a la dégradation des conditions de vie à bord. Ces deux choses constituaient un terreau propice, où graine de discorde semée ne tardait jamais à germer. Le capitaine cherchait au mieux à garder l’ordre à bord, aidé de son équipage comme de plusieurs individus dévoués, tout en se prenant souvent à rêver tout haut d’une terre qu’on dénicherait prestement pour décharger ce cargo qui devenait bien gênant. La foule, son entassement, ses frayeurs devenaient oppressantes pour la shamane également. Si tant est qu’elle eut pu, elle aurait commué son apparence pour celle d’un corvidé, pour gouter un rien de liberté à l’écart du pont encombré par les survivants entassés. Peut-être aurait-elle pu en tels vols,  pu repérer, la terre dont tous rêvaient. Mais il fallait pour cela compter plutôt sur la vigie. Foule d’affamés à bord, dont certains disposaient d’arcs et de fronde, auraient sans doute été tentés par la chair d’un corbeau, comme ils l’étaient par tout volatile de passage au-dessus de la nef qu’ils s’empressaient d’abattre pour compenser le manque de vivres.

Et pourtant, lorsqu’on ne l’attendait plus, ou presque, après des semaines de dérive, vint le cri libérateur.

« Terre, terre ».

Ils accostaient, sur cette terre neuve, qui leur semblait alors de lait et de miel. Elle se porta volontaire, pour se trouver parmi les éclaireurs, ne serait-ce que pour échapper un instant au confinement qui l’incommodait. Pour combien de temps, pourtant, cette terre serait-elle sûre, s’interrogeait-elle? Serait-ce là la terre, où grandirait la descendance de Sovenghärd? Ou bien encore, seraient-ils un jour à même de reconquérir celle que foulaient leurs ancêtres, à qui ils devraient hommage?
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Aethyr

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MessageSujet: Re: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Sam 27 Aoû - 0:39

Jamais Aethyr n'avait été aussi épuisée que pendant ces chasses interminables aux failles. Non seulement semblaient-elles s'ouvrir partout sur le continent, mais elles réapparaissaient dans des endroits déjà délivrés. Les ennemis déferlaient en vagues et il fallut souvent que la petite équipe batte en retraite pour ne pas mordre la poussière. Plus d'une fois, ils avaient même dû affronter d'autres envahisseurs lors d'un retrait stratégique et, plus d'une fois, la catastrophe avait été évitée de peu.

Elle avait perdu le compte des coups qu'elle avait reçus, des entailles que Siv avait refermées par magie. Sur son armure et sur les ruines de ce qui avait été des vêtements, les déchirures et le sang séché témoignaient des affrontements constants. Son corps bougeait souvent sans même qu'elle y pense, et heureusement, car son esprit flottait dans un nuage de miasmes. Chanceuse était-elle, car ses compagnons, eux, avaient besoin de sommeil, tandis que ses difficultés à méditer avait habitué Aethyr à la fatigue, ce qui l'aidait à peine durant ces patrouilles, qu'elle ne quittait jamais sans la chamane.

Lors de l'une de ces périodes de repos, elle se faufila entre les réfugiés trop nombreux pour atteindre l'Arcanéum. Comme elle l'espérait, elle y trouva une Elfe noire penchée sur un livre qu'Aethyr n'eut même pas la force de regarder. Sans doute avaient-elles parlé, mais l'Elfe n'en était plus sûre lorsqu'elle ferma les yeux, à ses côtés, sur le banc. À elles aussi, le temps manquait, et la distance se creusait entre la prêtresse et la conseillère. La fin potentielle du monde n'en était responsable qu'en partie.

Lorsque les cors sonnèrent l'alerte, elle ouvrit les yeux pour se retrouver seule; pas seule dans l'énorme sous-sol, où avaient été installés nombre de malheureux, mais sans sa complice. Son absence n'avait rien d'inhabituel, mais l'inquiétude s'était emparé d'elle. Difficilement, elle se rendit vers le port, où un corbeau la trouva et la dirigea vers la porte nord. Les combats avaient atteint la ville et tiraient à leur fin : ils avaient perdu. Il ne restait plus qu'à donner la chance au plus grand nombre de gagner un lieu possiblement sécuritaire.

Elle avait beau fouiller la foule du regard, elle ne trouvait pas Vierna. Davarion, heureusement qu'il était là, entraînait sa femme et leur enfant sur l'un des navires. L'Elfe suivait, sans savoir si elle monterait aussi. Si la prêtresse avait quitté la ville, Aethyr n'aurait aucune chance de la retrouver. Même si elle était en ville, quitter les quais revenait à se jeter dans la gueule du loup. Son clan, son nouveau clan, avait besoin d'elle. Eirieth, qu'elle aimait de tout son coeur, aurait besoin d'elle. Le coeur lourd, elle tourna le dos à Menoch, lorsqu'elle aperçut enfin l'Elfe noire, qui arrivait elle aussi au pied de la passerelle. Le soulagement dut se lire sur son visage creusé par les récentes épreuves.

Depuis déjà quelque temps, elle négligeait de prendre le temps de se reteindre les cheveux. Ainsi, le blond reprit ses droits sur sa tête au cours du voyage, dont elle garda peu de souvenirs. Son temps était partagé entre les personnes sur lesquelles elle s'imaginait veiller, accueillant sa filleule dans ses bras presque autant que la tenaient ses parents eux-mêmes, la mère faisant de son mieux pour aider et le père détestant perdre cette dernière de vue sur ce navire bondé. La terre n'arriva pas trop tôt.
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Achyl Ezekiel

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MessageSujet: Re: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Dim 28 Aoû - 18:36

Je n'étonnerais personne en disant que le manque de ravitaillement sur un navire est mauvais signe et souvent synonyme de mutinerie.

Ce voyage n'aurait jamais dut se passer ainsi, une croisière mouvementé au pire mais là il semblerait que les éléments n'en font qu'à leurs têtes. Un mois que nous naviguons dans un temps abominable alors que cela devait faire 2 semaines que nous devions déjà accoster. Je sortais très peu de ma cabine beaucoup trop occupé à feuilleté toute la paperasse familial et comprendre comment nous avions réussis à survivre jusque là, vous savez, ce genre de paperasse que vous n'aimeriez rendre publique aux yeux de tous car ils pourraient porter atteinte à la réputation de vos couleurs. Dettes, promesses de remboursement, crédits, avoir terrestre, je ne compte plus le nombre de fois que mon sang ne faisait qu'un tour, pensant d'un papier à l'autre que nous étions ruiner.

Maudite Paperasse.

Quoiqu'il en soit. Cette météo improbable et ses nuages des plus épais cachant le ciel en tout temps faisant que nous naviguions à l'aveuglette. Depuis que nous avons affronté la première tempête nôtre boussole ne répondait plus de rien et le Capitaine se voyait très mal dire à l'équipage que nous étions perdu, bien que les rumeurs et compagnies été déjà sur le pont depuis bientôt une semaine. Nous perdions à chaque deux jours jusqu'à 10 hommes, emportés par les vents et les vagues.

Bientôt nous n'allions être qu'une poignée et cela marchera à la loi du plus fort, malgré que je pouvais compter sur mes quelques hommes fidèle je me préparais à l'éventualité d'une bataille ou seul la notion de survie comptait comme finalité. Avais-je seulement la force de porte mon armure et mes armes ? Là était la plus grande des questions. De temps en temps je m'autorisais à sortir de la cabine en pleine nuit dans l'espoir de pouvoir apercevoir quelques étoiles mais toujours en vain.

Heureusement qu'il restait du rhum et quelques autres boissons alcoolisé, c'est pas mal tout le luxe que je m'autorisais afin de garder la tête sur les épaules afin de ne pas devenir fou. Je ne compte plus le nombre de contre-maitre/second du capitaine qui se sont vite fait mettre de coté de manière plus ou moins "naturel". Peut importe, leur têtes n'étaient pas la mienne.

Nous savons tous comment cela va finir, surtout avec la tempête que j'observe au loin. Cette tempête viendra faire échouer notre navire déja énormément malmenné par les nombreuses vagues violents que nous subissons.

Le sort en est jeté.

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Kalendrin Rabe

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MessageSujet: Re: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Mar 30 Aoû - 4:37

Kalendrin voyait de son bureau la ville de son jour actuel. On avait plus de signes de vie du dit "Patron", et l'elfe décida donc de fermer l'établissement sachant que nul ne payerais plus autant pour avoir un verre ou même un gros plat de viande aux herbes.

Il alla donc rendre on employée à la Guilde Marchande et alla frapper aux portes des bureaux, tous vides les uns les autres.

Kalendrin rentra à l'auberge, et fit venir un mélophore afin qu'il achemine Les nourritures fraîches et périssables à la banque, où s'entassait jusque devant la porte de la taverne, des tas de réfugiés, et même citoyens de la ville.

L'heure était grave car l'on entendait les gardes s'agiter, repoussant tant que possible les attaques des monstres, il n'était donc plus question de rester dans ce bureau. Il prit alors deux sacoches qu'il mit en bandoulière sur ses deux côtés et les fourras d'affaires, de victuailles sèches et autres, puis en cousu les ouvertures afin d'éviter toute subtilisation au milieu des foules. A sa ceinture il mit son couteau de chasse, et sorti de l'édifice laissant des clefs sur le comptoir avant de verrouiller la porte d'entrée et de se rendre au port d'embarcation, où il trouva le bâtiment marchand chargé de caisses couvertes de tentures.

Sur le pont le capitaine travaillait à disposer les richesses. Kalendrin alla donc le rencontrer afin d'avoir l'audience qu'il n'avait pas eu à la guilde même:


-Je vous salue Monsieur, je suis adhérant de la guilde, et je souhaite pouvoir vous aider ici, serai-ce envisageable?

-Pour sûr! Deux bras de plus seront toujours bien accueillis. Bienvenue à bord.

Le capitaine tendit sa main vers L'elfe qui garda les bras croisés dans le dos quand il répondit:

-Pourrais-je embarquer sur ce navire en échange?

Le marin s'arrêta un temps pour songer, et d'un geste synchronisé, les deux hommes se serrèrent la main.

Kalendrin planta son couteau à côté de la porte de la cabine, posa son manteau et son chapeau sur le manche et mit ses sacoches au sol. Il retroussa les bras de sa chemise, et se mit au travail transportant les caisses du quai au pont.

Lorsque l'on entendit le tocsin, il restait quelques marchandises sur le quai, mais plus question d'attendre, il fallait partir. Kalenrin remit ses effets prit ses sacoches et se rendit sous le pont, car malgré ses longues années d'études en tout sujets il n'avait jamais été marin... Et c'est là qu'il dût attendre plusieurs jours durant.
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Sahara Ibn Abdi, Dashnir

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Localisation : Trois-Rivières

MessageSujet: Re: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Mar 30 Aoû - 13:28

Sahara revenait en ville pour la première fois depuis longtemps. C’est une surprise de taille qui l’attendait par-delà la montagne. Une sombre marée de créature plus étranges les unes que les autres qui s’attaquait au mur nord. Elle dut fuir par les montagnes, abandonnant toutes possessions derrière elle.

De retour à la case départ.
Sa fuite ne fut pas des plus palpitante, plus souvent une partie de cache-cache qu’autre chose, elle finit par rejoindre la côte d’où elle vit, au loin, les deux navires. Après avoir vérifié leur trajectoire, elle entreprit de trouver un autre navire. C’est avec des pirates non-loin de là qu’elle put faire affaire. Heureusement qu’elle portait de la joaillerie qu’elle put offrir en échange d’une place à bord. Une femme à bord d’un navire apporte malheur, ainsi, tous ne partageaient pas l’avis du capitaine sur l’arrivé de Sahara dans le bateau.

Le périple fut long et hasardeux comme celui des autres navires, mais Sahara arriva sur la même île. Personne ne sait encore ce qui s’est passé pendant le voyage, mais une chose est sûre... Ce dernier l’avait bien changé.
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Sethlim Nasrin, Dashnïr

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MessageSujet: Re: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Mar 30 Aoû - 22:18

Note HRP:
 

Surcharge et épuisement


Depuis la disparition sans mot de Sarasvati et les enfants, je trouvais la vie lourde. Compensant dans le travail, cela me permettait au moins de me changer les idées. J’accumulais volontairement les tâches parmi les mélophores pour aider au maximum les citoyens et je quittais la ville de temps à autre pour contribuer à la fermeture des failles.

Des nuits de 3h00, une nutrition faible, je préférais laisser aux autres. Avec le débarquement de tous ses réfugiés, j’aurais été coupable d’abuser de toute la nourriture encaisser à la garçonnière… Ainsi… Avec le consentement de Davarion, nous avions délibérément offert à la guilde marchande plus de dix mille pièces de viande pour distribution.

Est-ce que tout cela va finir par passer ? Je ne sais pas… Mais d’ici là, j’aiderai comme je le peux pour un meilleur lendemain.



La première alerte


J’étais dans mes rares moments de repos à la caserne mélophore quand un petit con recruté il y a peu vint me déranger. Paniqué, il disait des trucs incohérents et j’avais franchement l’impression que l’odeur de merde que je sentais venait de son froc. Je le dévisageai et écoutai sa complainte.

Quand je réalisai ce qu’il expliquait entre deux souffles, je me redressai.

- Putain de bordel de merde. AZ ! DIRECTION ARCANEUM.

Azraël Karthar se leva de sa chaise plus loin, car conformément à ce qu’on m’avait demandé en tant que Soldat, je devais surveiller cette énergumène. Nous prîmes le gars à bout de souffle avec nous et nous nous dirigions vers le bâtiment des savants de cette ville. En chemin, les cors d’alarme se mirent à sonner, le temps pressait. À peine arrivé devant le bâtiment, j’y croisa Siv, la magistère pas magistère. Je la briefai rapidement sur ce qui se tramait et elle nous accompagna. Sans doute par curiosité du phénomène et car les cors étaient franchement agressant.

Montant sur la muraille du sud, ont pu constater la gravité de la situation. Mes sourcils se froncèrent, je regardais les centaines de créatures sortant de différentes failles dans tout le désert. Mais qu’est-ce qui se passais… N’en avions-nous pas assez fait ? Je posai mon regard sur celui d’Azraël, qui lui, semblait bien blasé.
Nous constations alors que quelques créatures tentaient d’attaquer la porte principale. Dans un mince sourire satisfait, avec Azraël, nous montions sur le bord de la rambarde. Je tirai alors ma lame de son fourreau pour la planter sur le rocher devant moi. Appelant l’énergie magique en moi pour préparer une petite contre-attaque contre la dizaine de créature devant la porte. Azraël quant à lui, semblait porter ses mains devant lui, incantant aussi.

Quelques secondes après le début des incantations, les deux guerrières s’écrièrent en même temps les mots finaux de leur préparatif.

- Kal Vas An Flam ! S’écria Azraël alors qu’un rayon se propulsa de ses deux mains pour frapper le sol environnant les créatures. Un tourbillon glacé les frappant via des éclairs d’énergie magique nécromantique.

- Angus Luminos ! M’écriai-je au même moment qu’Azraël. Des vaisseaux de lumières qui parcouraient maintenant mon épée matérialisa des épées dans les airs, allant s’abattre sur les créatures.

Face à notre combinaison imparable que nous avions mise aux points chez les hommes-rats, les créatures prisent par le tourbillon glacé furent toutes transpercées par les épées de lumières qui vinrent les achevés. Je portai mon regard au loin, satisfait de notre puissance accumulé et combiné. Nous ne sommes peut-être pas frère de sang, mais putain que j’aime cet homme que je considère comme un vrai frère d’armes.

Les autres créatures qui étaient en chemin pour la porte furent sans doute rappelées ou se chiaient dessus face à notre puissance, car elles rebroussèrent chemin.

Satisfait, nous laissions Siv sur place avec les autres hommes pour aller faire un rapport au Général Husaam.



Conseil de guerre


Nous étions tous attablés dans ce conseil de guerre pour faire face à la situation présente pour Menoch, Husaam, Rana et moi, Siv et son ours Davarion. Le point sur lequel nous étions tous d’accord quand la magistère pas magistère l’aborda en premier, c’était la sécurité des citoyens et des innocents incapable de se battre.

Alors que nous réfléchissions à comment les protéger au maximum, Husaam parla du bateau de la guilde marchande. L’idée était bonne, c’est donc une réquisition qui aura été fait en plus de deux autres navires encore amarrée.

La tactique restait sinon très simple, ceux pouvant soigner restait en retrait derrière pour soigner les blesser et ceux pouvant tenir une arme défendrait les portes pendant que les plus faible, les marchands, feraient la préparation de l’évacuation. Heureusement, ils furent plus que compréhensif…



Souvenirs, souvenirs…


J’étais paisiblement à la porte sud lorsque l’évacuation commença. Je regardais Azraël à mes côtés qui demandait qu’à en découdre. Nous n’étions pas reconnus pour notre patience et nous attendions la première charge des ennemis. Tous ce que nous espérions, c’était que les autres avaient le temps d’évacuer.

Je me remémorais une discussion passée dans l’Antre de Davarion dans le désert. Si un combat qui risquait d’être perdu d’avance, que faisions-nous ? Évidemment, aucun de nous deux n’étaient un lâche, alors combattre jusqu’à en perdre nos membres étaient une option. Mais… Nous avions des familles maintenant. Était-ce le choix judicieux ? Le bon ? Puis, nous avons fait ce que nous avions de mieux à faire, l’un de nous couvrirait l’autre qui tenterait de protéger l’héritage de nos familles. Pour décider qui serait celui qui reste, nous avons décidé de le jouer dans une manche de trois compétitions.

La première compétition fut décidée par moi, un combat de roche, papier et ciseau en trois victoires. Quoi ? On aime le chiffre trois, jugez-nous pas ! Après deux victoires et deux défaites chacun ainsi que 48 manches nuls, la victoire fut prise par moi. Insatisfait et mauvais perdant, Davarion trouva comme simple excuse avoir eu une crampe dans la main et cela l’avait empêché de faire la roche pour battre les ciseaux. Bien sûr Davarion… Bien sûr…

La deuxième manche fut un bras de fer, évidemment que Davarion allait choisir cela… Il a une force de bœuf. Mince… Rapidement, je suis expédié le bras douloureux contre la table, trois fois de suite. Aucune chance de victoire. Une humiliation similaire à perdre son pantalon dans la banque parce qu’il est mal attaché.

La troisième manche allait être donc décisive. Seul le plus fort de nous deux couvrirait l’autre. C’était d’une logique implacable, puisque celui qui gagnerait aurait les meilleures chances de survie. Ainsi, après la chance et la force brute, nous prirent la décision de jouer une manche plus intellect, un traditionnel ni oui, ni non. Le bougre malheureusement ne sachant pas mentir et étant de nature très honnête par son impulsivité échoua directement à la phrase suivante : Je dois t’avouer Davarion, ta femme et Talam vivent une aventure et c’est pour cela que Talam reste caché.

Insécure de nature face à sa relation, la réaction fut immédiate : NON ! IMPOSSIBLE ! JE VAIS TE TUER ! Malheureusement, dans mon espièglerie et mon sourire en coin, il réalisa qu’il venait de perdre la troisième manche.

Je resterai donc en retrait pour couvrir leur arrière en cas de problème.



La chute de la porte sud


Soudainement, Azraël me secoua me sortant de ma rêverie.

- Seth ! Seth ! Ils arrivent ! Enfin on va pouvoir butter de la bestiole et du monstre !! Dit-il aussi enjoué qu’un enfant ayant l’autorisation de jouer au docteur avec sa petite voisine.

J’observai alors les troupes avancer, puis je fronçai les sourcils.

- Hey toi ! Le type au bout du mur à ma droite se pointa du doigt.

- Oui toi ! Avec ton œil magique qui voit loin, tu peux me dire c’est quoi la cochonnerie qu’ils transportent ?! L’inquiètude se lisait sur mon visage et Azraël le compris vite.

- Monsieur… Ils transportent des… Barils ? Dit le mélophore confus.

Je me lissai la barbiche d’enfant (car j’ai un drôle de problème de pilosité faciale, ne me jugez pas !).

- ARCHER ! Tirer sur les barils ! Les archers sur le mur décochèrent quelques flèches sur les barils et créature en avancé.

C’eut deux effets, le premier, percer les barils et y voir le liquide rose couler. Putain. Le deuxième, les créatures se mirent à courir… Mais franchement trop rapidement vers le mur. Mais qu’est-ce donc ces créatures !?

- ABBATEZ LES OÙ NOUS ALLONS EXPLOSER ! M’écriai-je alors que je descendais le mur avec Azraël à la course.

Il fallait que je traverse, nous devons les tuer avant qu’il atteigne le…. Puis il fit sombre. Très sombre. Un bruit strident dans les oreilles, j’ouvrai alors lentement les yeux. Impossible… Ils étaient si rapide…? Azraël me secoua, le visage en sang.

- Seth ! Seth ! Relève-toi ! Je ne te savais pas si faible ! ALLER PUTAIN !

Je regardai alors autour en me relevant, une partie du mur avait été complètement explosé. Plus rien… Je regardai les gens morts autour, les blessés et au loin, les créatures plus massives d’au moins huit pieds qui avançaient arme au poing. Le mur était tombé.

- REPLIS ! NOUS DEVONS DÉTRUIRE LE PONT SUD ! IL FAUT LES FREINER !

Le pont fut ainsi détruit par des membres mélophores maîtrisant la magie et entre autre, le sort explosion. Il faut dire qu’avec une tutrice comme Rana Maranwë, on développait des aptitudes assez puissantes quand bien motivé.


Anarchie en Menoch : le combat des trois guerriers


Je marchais en direction du port quand le Général Husaam m’interpella dans la cohue.

- Sethlim ! Azraël ! Où allez-vous ainsi ? Se questionna le général.

Pendant un moment, je le soupçonnais de sous-entendre que je fuyais le champ de bataille. Je rétorquai-je donc.

- Du calme Husaam. Je vais m’assurer au port que tout se passe bien et je vais à la porte nord. Nous avons perdu le sud dans l’explosion que vous avez surement entendu. Et puis, tant que je respire, ses créatures vivront un calvert.

Azraël pris ensuite la parole.

- Après tout, nous avons un rôle dans ce chaos, alors tenons le jusqu’au bout !

Husaam ne put s’empêcher de sourire. Un sourire presque triste et sadique à la fois.

- Devant le commerce de bateau, je compte sur votre présence dans dix. Dix minutes les gars. Nous allons leur montrer qui sont les terreurs de Menoch. Sur ces paroles, Husaam pris les devants dans la foule du port vers le point de rendez-vous.

- Seth, je t’y rejoind, j’ai un truc à faire. Rétorqua Azraël.

Sans trop me poser de question, je laissai la recru me quitter pendant que je cherchais parmi la foule, mes amis du regard. Je fini par trouver Siv et Davarion alors prêt d’un bateau alors que Davarion tentait de la faire monter de force.

- Davarion ! Je compte sur toi, tu es mieux de tenir parole ! Nous nous reverrons ! C’est une promesse mon frère !

Davarion dans un moment de relâchement vint me faire une accolade non homosexuel rempli de bromance. Je suis sûr qu’à ce moment, j’ai cru voir Siv être émue. Alors que j’allais tourner les talons pour laisser Davarion avancé, Siv m’interpella. Je levai donc le regard sur elle, une flamme sommeillait visiblement en moi, avant même qu’elle ne tente de dire un mot de plus, elle se tut. Elle savait sans doute ma détermination n’aurait pas de faille. Je levai le poing, Davarion cogna de son poing dans le mien.

- Continue ta vie, frère. Nous nous recroiserons.
Je quittai parmi la foule.

Avançant sans regret, je pensais à ma famille qui avait fort probablement besoin, tout comme les citoyens et rescapé, de ma force pour avoir le temps d’échapper à ce chaos. J’avançais alors que je laissais l’énergie magique couler dans mes veines. J’étais prêt à tout.

Arriver devant Husaam, je voyais la même aura autour de lui, plus cruelle même. Je découvrais en cet homme dont j’ai connu le frère, une aura meurtrière qui auparavant était totalement dissimulé. J’étais estomaqué, puis je souriais en coin.

Sans mot, Azraël fidèle à sa parole, arriva. Alors que nous entamions la marche finale de notre bataille, nous virent la grille nord tomber, les quelques mélophores encore vivant prenant leur jambe à leur cou. Les trois guerriers face à l’armée du Voile. L’un se battant pour sa soif de violence, l’un pour tester à fond ses capacités et l’autre, pour protéger sa famille, ses amis et les faibles.



Anarchie en Menoch : Justice, Honneur et Compassion


C’est dans le chaos continue que nous trois, avancions vers le champ de bataille de la porte nord. J’entendis le cou d’Husaam craquer alors qu’il s’échauffait. Il riait à voix basse, le tout un peu démentiel. Azraël quant à lui, analysait ce vers quoi il avançait. Sans nul doute allait-il prendre le combat le plus sérieusement du monde. Quant à moi, je n’avais qu’un objectif, être le mur qui bloquerait l’avancé des ennemis.

Une certaine distance nous séparait maintenant des créatures. Nous prîmes une pause pour sortir nos armes et être prêt. Husaam prit alors la parole.

- Az. Seth. Aujourd’hui est un honneur de combattre avec vous deux. Devant nous se dresse un défi de taille et malgré l’inconnu, faisons de notre mieux pour en tirer la victoire. Je suis celui qui possède les techniques les plus défensives, je prendrai le centre alors que Seth prendra la droite. Az, tu couvres la gauche, ne laissez pas ces créatures bleus aux yeux globuleux pénétrer plus loin dans notre Menoch.

Sur ces paroles, avant qu’il n’y ait contestation ou approbation de l’un de nous deux, Husaam bondit vers les ennemis. Son arme en main, il prit les devant. Fais chier. Il va avoir de l’avance. Nous bondîmes à notre tour chacun sur notre position pour foncer vers les créatures.

Elles étaient plutôt faibles, peu résistante mais en quantité suffisante pour être pénible. Trancher les ennemis et leur bloquer le passage semblait soudainement plus naturel et facile que prévu. Comment la porte avait-elle pu céder aussi facilement ? Sans doute que le pire était déjà dans les quartiers mélophores…

Nous combattions chacun de notre côté, mais assez rapprocher pour faire un blocus aux diverses créatures qui passaient la porte pour tenter de gagner le port ou le quartier mélophore. Le plus gênant sur ce champ de bataille restait l’écurie qui avait pris feu plus tôt. Le nuage de fumée ne réduisait pas vraiment la visibilité mais contraignait notre respiration. Primordiale pour garder un bon cardio lors de la bataille.

Soudainement, nous pourfendions les dernières faces à nous alors que les autres battaient en retraite. C’était trop facile, la suite augurait mal. Le sol se mis à trembler. Nous regardions autour, cherchant ce qui causait cette secousse. Puis, un démon arriva devant le portail. Il devait au moins mesurer sept pieds. Colossale.
D’un sourire entendu, nous allions faire comme à l’entrainement. Husaam fonça sur la créature pour attirer son attention, parant la première attaque, tentant ainsi de retenir les énormes mains griffées du démon contre son arme. Azraël s’entailla la main et fonça sur le flanc de la créature. Une fois à proximité, donna un vif coup de katana sur sa jambe pour l’entailler et y colla la paume de sa main. In Sar. Le démon se mit à hurler sa douleur alors que plusieurs épines lui endommageaient les tissus internes du corps.

Je signais de mon côté dans les airs de ma lame les dernières runes, puis récita les paroles finales : Forul Solum. De ma lame je fonçai vers la créature. Sûr de mon coup futur, je concentrai toutes mes forces magiques dans mon épée : Consecrus Arma. Arrivé à proximité, Husaam fit une manœuvre pour faire glisser la poigne de la créature de contre son arme, esquiva vers l’arrière et donc, mon coup arrivant droit sur lui et le démon.

L’impact fit craché une dose de sang considérable à la créature qui la cracha sur ma tunique sombre. Tombant à genou les jambes affaiblit par le nécromant. Husaam profita de sa position à laquelle il était arrivé en esquivant mon coup pour achever d’une exécution plus ou moins honorable la bête. Elle s’écroula au sol alors que la tête quant à elle, roulait vers la sortit.

Nous avions le souffle court, l’énergie magique avait été rapidement consommé et nous devions reprendre sur nous même pour nous préparer au pire. En effet, de la porte, nous pouvions voir une dizaine de démon similaire à celui que nous venions d’abattre, avancer droit sur notre position. Si ce n’aurait été que de cela, nous nous aurions senti choyé, hélas… des créatures ressemblant à des démons inférieurs, plus petit, avançait à leur pied. Une nouvelle vague allait arriver.

Nous nous reculions pour reprendre sur nous-même. Husaam passa en position de confidence, Azraël vit sa peau se blêmir a vu d’œil pendant que je guérissais manuellement quelques blessures mineurs grâce à quelques soins magiques.

Les créatures arrivaient finalement au portail, puis, nous chargions dans la position initiale. Husaam au centre, Azraël à gauche et moi-même à droite. Comme si j’allais un jour prendre la gauche, pfft.

Les coups étaient plus précis, d’un côté comme de l’autre, plus calculer, les esquives plus intelligente. Les créatures étaient beaucoup plus forte, nous le constations. Rapidement, nous avions cette impression de mauvaise posture. Celle où nous avions le désavantage, nous perdions du terrain. Reculant sans cesse devant les attaques physiques des petits démons et des attaques magiques des plus grand. Nous devions sans cesse passer plus de temps à nous protéger que de nous battre.
Je le voyais bien sur mes compagnons, cela les faisaient rager et nous pouvions constater le trouble que cela nous occasionnait. Soudainement, dans une rage excessive, je vu Husaam reprendre de l’avance. Sans doute avait-il consommer une drogue soudainement… Mauvais plan.

Husaam s’écria.

- CE FUT UN COMBAT GLORIEUX, MAIS TOUTE BONNE CHOSE À UNE FIN ET SI CE N’EST PAS ICI LEUR FIN, ELLE SERA MIENNE.

La vitesse d’Husaam progressa rapidement, utilisant diverses techniques de coup éclair, il enchainait les ennemis grâce à sa technique d’élan. Chaque ennemi qu’il abattait grâce au second coup semblait augmenter sa vitesse, se frayant un chemin vers les démons majeurs. Il riait. Mais d’un rire si déstabilisant que cela n’augurait rien de bien. Il arriva face aux créatures et se plaça en position de confidence, il para les coups des deux démons face à lui de son arme. Le tout semblait calculé, au loin, je remarquai qu’il utilisa alors son arme comme trépied et renversa les deux démons, la riposte d’Husaam les fit s’échouer au sol et il en profita. Il enchaîna brutalement deux fois sa technique d’exécution. Alors que la confiance en mon général me repris, le pire se produisit. Les démons mineurs lui grimpèrent au dos et réussirent à l’immobiliser sur place. Les petites lances de ceux-ci perçant littéralement ses jambes sur le sol. Alors que les petits démons entassés sur Husaam, l’un des démons majeurs s’élança. Sans aucune crainte pour ses comparses et donna deux violents coups de griffes en X. Cela eu pour effet de trancher le général en pièce, emportant ainsi quelques ennemis qui se retenaient contre lui. Alors que je le voyais tomber en pièce, sa tête qui se retourna vers l’arrière souriait toujours dans son rire délirant et ainsi sombra, le Général Husaam des mélophores de Menoch.

Azraël et moi étions bouche bée. Mais cela ne devait pas nous faire reculer de notre mission principale, repousser l’ennemi. Nous gardions notre garde et profitions de la brèche qu’Husaam avait créée. Nous avancions en utilisant nos meilleurs techniques pour continuer de pourfendre les créatures et leur barrer la route.

Le combat s’acharnait alors que nous savions que plus cela avançait et plus nous nous épuisions rapidement. Trop rapidement pour la quantité d’ennemi. Alors que je libérais une quantité d’énergie magique pour créer plusieurs épées d’énergie, je vis qu’Azraël était en pire posture. Le temps pressait si je désirais pouvoir lui porter main forte. Je libérai alors une dose plus importante de magie rapidement, au risque de m’épuiser encore plus. Les épées de lumières s’accumulèrent alors autour de moi, j’expirai les paroles autre fois dites de technique divine : Augus Luminos. Les épées tombèrent comme des rochers sur les ennemis, les abattants les uns après les autres dans d’horrible douleur. Je bondis alors vers Azraël pour lui porter main forte quand soudainement… Un démon s’interposa. Je ne l’avais pas vu arriver, il me porte un violent coup sur le torse faisant voler des mailles de ma tunique. Je fis comme un rocher plat qu’on lance sur l’eau et fit quelques ricochets sur les dalles de la route de Menoch.

Sur le dos, je me redressai le souffle court et je vis le mur de créature devant moi.

- Ce n’est pas réel ! AZRAËL LES CRÉATURES TENTENT DE NOUS SÉPARER POUR NOUS ATTEINDRE UN À LA FOIS, PREND GARDE FRÈRE !

Je roulai sur le côté pour esquiver la boule de feu craché par le démon resté en retrait qui m’avait fait virevolter comme une danseuse glissant sur un sol givré.

Azraël pour sa part affrontait aussi un des démons majeurs. Il esquivait les coups sur la gauche, sur la droite, bondit pour porter un coup au visage du démon. Le démon battit des ailes créant une bouffé de vent qui fit reculer le guerrier. Glissant sur ses pieds, droit comme un poteau de métal ancré au sol, il fit quelques gesticules que je connaissais trop bien, puis prononça : In Bal Nox. Il ralentit alors sa course de reculons. Le vent qui alors s’acharnait contre le guerrier vint tournoyer autour du démon qui fit pris d’étouffement. Il profita de ce moment pour foncer de nouveau sur le démon, s’entaillant la main, il vint faire un contact de sang avec le démon : In Jux Mani Xen.

Azraël semblait avoir les choses en main, contrairement à moi. Je fonçai alors sur les démons mineurs, je me devais de percer leur ligne pour pouvoir atteindre Azraël. Pendant ce temps, il portait de nombreux coups au démon, esquivant de son mieux les immenses bras de ce dernier. Les quelques coups reçus semblaient faire effet contre son lanceur, puisqu’il était blessé aux mêmes endroits. Bien que cela renvoyait bien entendu les blessures, cela ne le soignait pas pour autant de toutes celle-ci.

Le démon prit de rage pris soudainement une immense inspiration. J’achevais finalement le dernier des démons et dans une glissade, passa sous les jambes du démon qui tentait de me faire blocus.

- J’arrive Azraël !!

Dix mètres. Le démon arrive à terme de sa respiration, Azraël est à moins de deux mètres de la créature.

Huit mètres. Mon énergie magique s’accumule grossièrement dans mon bras de l’énergie magique et relâche mon emprise sur mon bouclier. Le démon commence son expiration.

Six mètres. Le démon relache une immense incendie bucale vers Azraël. Je vois la peau de celui-ci pourrir sur place, Azraël utilise la malédiction de putréfaction. C’est mauvais.

Quatre mètres. Je me stabilise, je ne pourrai jamais l’atteindre. Je balance l’énergie magique dans un rayon vers Azraël : Extermo Vomica. Azraël commence à prendre de plein fouet l’attaque. Je le vois disparaître dans les flammes alors que mon rayon ne semble atteindre rien. La dernière chose que je verrai d’Azraël sera sa tête se tourna vers moi, souriant brièvement, le regard serein. Alors que je vois l’image d’Azraël se désintégrer dans les flammes, je suis de nouveau propulsée sur le dos par l’onde de choc de l’immense vague de feu. Ma peau cloche, j’ai des brûlures mineurs et je cogne contre quelque chose.

Sur le ventre, je respire difficilement. Je profite des quelques réserves d’énergies me restant pour laisser l’énergie magique atteindre mes poumons : Divinum Furis. Pris d’un regain d’énergie, je me retourne d’un bond esquivant le puissant coup de poing du démon qui fracasse le sol faisant voler des particules du damier rocailleux. Sous le démon, je plante rapidement ma lame dans son torse, puis j’expulse un peu de magie de nouveau : Consecrus Arma. Le démon s’écroule à mes côtés. Je me redresse pour constater que le démon qui avait pulvériser Azraël, avait aussi disparu subissant le même châtiment grâce à la malédiction que le nécromant avait mise entre eux.

Je me tourne alors vers l’un des derniers démons et de ses larbins. À bout de souffle, mes bras, mes jambes torturées par la douleur.

- Pardon Davarion… Il faudra que tu prennes soins de ma famille pour moi.

Dans un dernier souffle, je libérai alors toutes la magie restante, c’est-à-dire, trop peu. Je pris ma lame une main à deux main, faisant miroiter le mysticium vers les ennemis. Puis je chargeai. J’en tuai le plus que je pu, mais par la force des choses, les créatures me clouèrent au sol. Désarmé, blessé, éreinté et sans énergie magique restante, j’étais soumis à ce qui allait suivre. Les démons mineurs me redressèrent alors que le démon majeur changeait de forme en approchant, prenant une forme plus humaine.

- Humain, tu as bien combattu mais ton combat était perdu d’avances. Je reconnais là, la force de la détermination des humains, mais là d’où je viens, il n’y en a plus à torturer. Il me fera plaisir de te tuer lentement.

Le démon pris un air fébrile, puis posa son pied humanoïde sur mon torse alors qu’il prenait mon bras dégarnit de ma maille qui avait volé en éclat pendant la bataille. Il tirait. J’émis un cri de douleur soudain alors que je sentis mon bras s’arracher.

Alors que le démon me blessait des pires façons pour m’achever, la douleur disparue. En réalité, mon corps continuait de réagir à la violence qu’il subissait alors que mon esprit avait créé une barrière à cette douleur. Je vis alors le visage des gens que j’avais côtoyé et que j’avais appris à découvrir et apprécié. Ava Marjan et Ivory Doucenuit et leur divers sermon. Sans doute aurait-elle désapprouvé ce combat perdu d’avance que je venais de mener. Siv et Davarion, le couple d’ami le plus proche que j’avais. Mes frères et sœurs d’armes, Gervin, Athémas Maranwë, Ulrik, Azraël, Nadareh, Asad, Salem et Falimi avec qui j’avais eu du bon et du mauvais. Ma fiancé, Sarasvati et mes enfants Maryel, Fyras et Nishant.

La douleur me réveilla de nouveau, alors que j’étais de plus en plus en pièce, en lambeau, j’allais rendre mon dernier souffle de vie. Je regardais la créature de haut, parce qu’elle tenait ma tête par les cheveux d’une main alors qu’elle tenait toujours sur mes épaules. La force de ce démon me surprenait et j’attendais maintenant la mort.

Soudainement, j’entendit une voix.

- Guerrier des sables, je peux réaliser ce que tu désirs au fond de toi en échange de ton âme. Faire de cette mission suicide un succès. Accepte de te livrer corps et âme et cette porte sera gardé. Il te suffit d’utiliser le verbe accepter et le pacte sera conclus.

J’étais surpris, crachant encore un peu de sang alors que je me vidais plus lentement que je ne le voudrais, le démon s’assurant du tout par procédé magique, je me mis à rire. Des rires étouffés. Le démon haussa un sourcil.

- Un dernier brin de folie avant que l’inévitable t’emporte humain ? Me questionna-t-il.

- Je… Je… Je ris… Car… Finalement… Je vais peut-être…. Gagner… J’accepte.

Le démon allait alors me frapper au visage de nouveau quand soudainement ont pu voir et entendre de loin, une immense colonne de lumière blanche frappé la porte nord. Elle frappa mon corps, alors que je disparaissais dans l’éclat de lumière, je sentis mon corps se briser en éclat. L’explosion de lumière désintégra sur un énorme rayon tous les démons encore aux alentours et se termina en une immense barrière de lumière à la porte nord. Cette lumière resterait quelques heures tout au plus, le temps d’accorder selon mon vœu, encore un délai à ceux qui désirait survivre…

Finalement, j’ai enfin réussit à me racheter…
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Ivory Doucenuit

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MessageSujet: Re: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Mer 31 Aoû - 9:59

Il n'est pire aveugle que celui (ou celle) qui ne veut voir.

Ivory s'était bien gardé de s'exclamer : "je vous l'avais dit !!" quand les derniers signes de l'apocalypse se firent voir. Mais ça n'était pas l'envie qui lui en avait manqué. Ce fut surtout le temps qui lui manqua. Comme beaucoup de volontaire, elle parcourut pendant les premiers temps les landes pour fermer les failles, chasser un peu et récolter ce qu'elle pouvait.
Sa priorité restait Sathir et Emilie, puis la meute. Ensuite, elle distribuait ce qui restait dans sa besace aux enfants affamés qui rodaient autour de l'ancien temple.

L'avenir semblait bien sombre.

Tous les jours, elle s'éveillait en sursaut dans les bras de son compagnon, terrorisée à l'idée de le retrouver mort à ses cotés. Mais il tenait bon. Il partait aussi souvent qu'elle à la chasse, cherchant le gibier qui se faisait rare, chassant les créatures hostiles pour pouvoir nourrir la meute et ramener, lui aussi de quoi nourrir la population.

Dans les coffres de la grande bibliothèque gisaient près de 2000 pièces de viandes séchées. Ivory refusait qu'on y touche pour l'instant. C'était les réserves "fin du monde" arguait-elle.

Personne n'osait la contrarier.




Et puis ce fut l'attaque. Elle envoya les gens vers le port pour ceux qui voulaient partir, redirigea les autres vers l'oasis et le cercle druidique qui contenaient également des réserves de nourriture.
Prendre le bateau ? Elle n'osait pas, ayant déjà vu à l’œuvre une faille et ses résultantes sur le navire qui ramenaient les jumelles de Valacirca.

Aussi, elle alla chercher la meute, son Sathir et sa sœur, de toutes façons, intransportable... (et croyez bien qu'elle se serait bien passé de cette complication-là) et les entraina vers l'Arcanéum, vers le laboratoire et ses réserves, vers la salle et ses protections magiques.

Avec de la chance, ça suffirait. Et si ça ne suffisait pas, elle construirait une barque elle-même pour emmener ses amours rejoindre les autres, dès que sa sœur serait libérée de son léger encombrement passager.

Elle n'avait même pas chercher à ramener son Némésis personnel à la vie pour pouvoir le tuer personnellement en prenant tout son temps.
Et certains pensaient qu'elle n'était pas sympa !! Tsssssssssssss



Dès qu'elle fut sûre que la ville était perdue, après avoir combattue de son mieux, elle s'effaça du front et se glissa au fond de la bibliothèque, retrouvant tout son petit monde et quelques autres rescapés.
Avec soin, elle barricada l'accès au souterrain et s'installa en famille, serrant sa sœur et son amoureux contre elle. Il ne restait plus qu'à attendre.
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Vierna T'siir, Drow

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MessageSujet: Re: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Dim 4 Sep - 22:30


Au fond d'un livret poussiéreux, sur un bureau de la Chapelle de Ménoch, une page inachevée...

Mon regard peine à se détacher de ce vieux manteau décâti... Combien de fois Aethyr, Xalith et d'autres ont remis en question les vertues esthétiques de cette antique étoffe ? Je ne peux leur donner entièrement tort. Et pourtant, rarement déguisement fut plus efficace que celui qui câcha jusqu'à l'âme de sa porteuse à elle-même...

Le Manteau d'une Conteuse qui un siècle durant s'est raconté des histoires, avec un petit h, par peur de l'Histoire à laquelle mon éducation me prédestinait.

Les Créatures du Voile approchent, et me voilà encore hésitante.
Vais-je périr en un dernier éclat d'hypocrisie, en cette Chapelle de Divines Supercheries, Conteuse-Prêtresse, pleurée et regrettée comme la respectable Vierna T'siir ?

Non... Cela fait désormais bien des mois que le Voile se lève, et je fais de moins en moins illusion. Ce ne sont ces créatures qui me tourmentent, mais cet assaut perpétuel de mes souvenirs, jour après jour, nuit après nuit.
J'ai inventé Vierna il y a si longtemps, que j'avais fini par croire être devenue cette elfe noire ayant brisé le moule où elle avait été forgée. Etre devenue cette ménestrelle un peu cynique mais sensible...

Que de mensonges proférés pourtant à ceux qui tiennent à moi...

Que de craintes vis-à-vis de la douleur, à en laisser d'autres souffrir à ma place...

Les illusions se dissipent... mes félins furent les premiers à en prendre conscience. Ils sont partis, peu à peu, blessés par mon empathie faillissante.
Je n'étais pas, je ne suis plus leur combat.

La pierre se souvient. Elle s'est toujours souvenue. J'étais la seule à vouloir oublier.

Vierna T'siir, l'enfant qui écoutait aux portes...

Vierna T'siir, la jeune femme qui ne rechignait pas à bousculer dague en main les apprentis assassins...

Vierna T'siir, l'elfe noire dont on craignait qu'elle fasse parler la pierre...

Vierna T'siir, la réthorique et l'assurance des Matronne...

Vierna T'siir, la Lâche qui a fuit son destin...


C'est une elfe noire sans son éternel manteau bleu qui embarqua à bord du navire. Elle saignait, mais ne semblait en avoir cure.
De multiples fourreaux étaient ceints à une robe en partie déchirée. Un seul portait une lame, courte.
Elle tenait contre elle un grimoire encore fumant.

Nul luth à son dos... pas plus que de velus compagnons à ses côtés... L'Harmonie semblait bel et bien brisée.
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Raviya

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MessageSujet: Re: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Mer 21 Sep - 11:43

Du bruit, du sang, encore du bruit, elle n'y comprenait rien mais son instinct l'amena à fuir. Elle étendit ses énormes ailes sombres. Le corbeau-garou s'envola avec les navires et si démon ailé elle croisa, démon ailé fut broyé.
Elle essaya de protéger les bateaux autant que possible puis surement vers la fin de la traversée, elle reprit forme humaine sur le ponton et se reposa, le corps lacéré et fatigué.
Le combat avait été mené et l'île lui apporterait surement de quoi se refaire, se requinquer.
Même si elle ignorait pourquoi elle se bornait à survivre. Il ne lui restait rien. Aiedan l'avait lâchement abandonnée et son capitaine n'était jamais venu la chercher. Mais l'ironie du sort est ainsi, les mauvaises herbes survivent toujours peu importe les raisons.


Dernière édition par Raviya le Mer 21 Sep - 11:49, édité 1 fois
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Nati

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MessageSujet: Re: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Mer 21 Sep - 11:44

Citation :
Le temps avait filé, autant que les jours qu'elle avait passés avec ses enfants dans un campement reculé de la forêt. Elle n'avait plus donné de nouvelles outre mesure. Mais quand le chamboulement final arriva... Elle prit son arc et ses flèches. Elle força Khejri à emmener les enfants vers les bateaux et elle se dirigea vers l'emplacement où la nouvelle forêt obscure avait prit racines. Les ronces avaient donnés naissance à une porte immense végétale, porte qui était entrée en vibration avec la couronne de la dryade noire, de la gardienne, de la shamane entre deux mondes. Peut-être saurait-elle, peut-être devinerait-elle ce qui s'était passé et ce que la fée noire allait faire.
Le chemin avait été parsemé d'embûches, de chaos et de sang, mais elle était une fée noire et tuer, se cacher et esquiver était ce qu'il y avait de plus aisé pour elle.

Un dernier regard pour ce monde, pour Menoch, pour le désert qu'elle avait tant détesté. Une brève pensée pour Sethlim, pour leur ultime séparation qu'elle avait elle-même assénée. Peut-être lui pardonnerait-il? Peut-être préserverait-il son souvenir positivement? Elle eut un soupire long et lourd. La relève était assurée, elle avait fait ce qu'elle devait faire. Préserver la mémoire de son peuple, sauver son espèce et mettre à l'abri les siens.

Khejri, Maryel, Nishant, Sathir, Ivory, Siv, Naira, Rana, Aiedan... Un autre soupire, plus le temps d'énumérer les noms.

Elle ouvrit le portail protégé par les enchantements de Siv et s'y engouffra.


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Khejri, fé noir

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MessageSujet: Re: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Mer 21 Sep - 16:00

Khejri, contraint on ne sait comment par Sarasvati de la laisser seule, prit donc la direction du navire avec Firas, Maryel et Nishant.

Ils explorèrent rapidement le navire, cherchant visiblement Siv ou Ivory. Si ils venaient a en trouver une, Khejri ferait tout son possible pour lui confier Firas, prétextant qu'il n'y connaissait pas grand chose aux enfants, et encore moins aux enfants humains, et qu'il serait certainement plus heureux parmi les siens.


La question était, est ce que l'une d'elles se laissera convaincre par le discours du fé ? Et quel en sera le prix ?
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Siv

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MessageSujet: Re: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Mer 21 Sep - 17:20

C'était avec surprise que Siv, au terme de l'une de ses rudes journées, à aller de l'un à l'autre sur les ponts, à dispenser services et soins à l'un ou à l'autre des passagers qui le nécessitaient, tomba nez à nez avec le fée. Sa surprise se commua en soulagement, à la vue de Nishant. À sa façon, malgré les déboires incongrus entre ses parents, peut-être leur lien persistait-il? Le savoir sain et sauf retirait un poids de plus, de son esprit chargé de préoccupations pour les uns, et les autres.

Avec empressement, elle demanda des nouvelles de Sarasvati. À défaut de la voir parmi eux, et peut-être par instinct, ayant ressenti quelque écho d'un artefact qu'elle préservait toujours sur elle, cette courronne de lierre noire qui avait ceint, le temps d'un songe, ses boucles d'ébêne, elle s'inquiétait.

S'il donnait quelques détails de l'exil de Sarasvati, certainement en retour pourrait elle expliquer ce qui était advenu du père des trois malheureux dont le fé était désormais gardien. Dans son regard, quand elle en ferait récit, il ne relèverait pas chagrin, ni joie, juste une forme de lassitude, que l'on peut prendre après avoir enfin déposé un livre dont l'histoire aurait été d'une lancinante longueur.

Elle promettrait, bien sûr, de prendre soin du poupon dont Khejri se déchargeait.

Elle ne demandait en retour qu'une chose. Lorsque le jeune Dashnir serait en âge, le temps d'un souffle pour les éternelles fées noires, elle leur demandait de le visiter. Il demeurait, malgré son enveloppe charnelle toute humaine, fils de Sarasvati, descendant d'une fée noire, de la forêt obscure. Il semblait logique à la shamane que, tout humain qu'il fut, il eut pu découvrir, comprendre, et côtoyer -si il n'avait pas hérité de son père son ardent scepticisme- cette communauté dont part de lui faisait partie, au sein de laquelle il avait des ancêtres.

Et de fait, elle en profita pour prendre des nouvelles d'Ivory, qu'elle n'avait pas vu sur leur nef. Sans doute s'inquiétait-elle. Et, certainement, elle avait pour intuition que pour prendre en charge fils du turbulent Sethlim, deux paires de bras et toute l'influence positive que peuvent offrir autant de coeurs aimants et d'esprits raisonnables ne seraient pas de trop pour assurer au jeune dashnir, dès le berceau, ce qui semblait avoir fait défaut à son père. Elle lui demanda, s'il l'apercevait, ou la retrouvait, sur ce bateau, l'autre, ou encore sur la terre ferme, s'il voulait bien la prévenir?
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Mordecaï Fendragon, Eodh

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MessageSujet: Re: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Jeu 22 Sep - 14:15

La dernière du clan Fendragon s'était trouvé une place sur un des navires restant. Elle n'avait pas vue son homme en embarquant et son regard restait à fixé l'horizon à l'arrière, de ce qu'elle quittait. Glissant une main à son ventre arrondie depuis les lunes, elle offrit une prière pour que dame chance le garde en vie et le ramène à ses côtés. Durant le jour, elle aidait à éplucher des pommes de terre, durant d'autres, elle se reposait sur un des plusieurs hamac des quartiers.

Durant un des moments où les deux ponts étaient liés, Mordecaï cru apercevoir son amie Siv au loin. Lorsqu'elle entreprit d'aller la quérir sur le quai, elle en perdit les os, tel une vague d'eau qui éclabousserait. Elle observa un instant au sol, puis où vers Siv était partie...


- Eh merde... Siiiiiiiiiiiiiiiiiiiiv !?
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Émilie Delgado

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MessageSujet: Re: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Jeu 22 Sep - 15:25

L'arrivée d'Ivory à sa porte n'était qu'une surprise dans le sens où sa soeur avait dû lutter contre la vague de gens se mouvant vers les quais, tout en échappant aux créatures qui s'infiltraient déjà dans la ville. Émilie n'ouvrit la porte que lorsqu'elle entendit la voix familière, puis s'empressa de verrouiller derrière sa jumelle.

Tracées sur les murs à la manière des protections qu'avait reçues l'Arcaneum, les runes indiquaient que la sorcière était prête à faire de son logement sa forteresse. L'idée sembla folle à sa soeur, qui souligna vite fait son plus grand point faible : sa structure en bois qui ne résisterait pas aux flammes. La locataire le savait, mais elle réchignait à quitter sa demeure, ce qui avait sans doute peu à voir avec l'endroit lui-même, mais beaucoup plus avec les nombreux instruments qui occupaient les tablettes de fortune installées tout au long d'un mur.

Lorsqu'Ivory s'apprêta à la forcer à partir, Émilie se fit enfin une raison, mais ne quitta pas sans emporter avec elle un appareil qui avait été suspendu au-dessus d'une chaise; il ressemblait à un mobile auquel étaient attachés trois crystaux qui pointaient vers ledit siège. Les tiges de métal qui les reliaient à l'étrange cadran runique étaient faites de mysticium, ce qui en faisait sans doute son bien ayant la plus grande valeur. Lors d'une visite précédente, elle avait expliqué à Ivory qu'il servait à lui donner de l'énergie, l'énergie entreposée dans les crystaux, un mensonge tout à fait crédible.

C'est ainsi que les soeurs se réfugièrent à l'Arcaneum avec le Dashnïr que l'on trouvait si souvent aux côtés de l'ancienne gardienne des vertus. Bien des gens avaient choisi d'embarquer sur les nefs, mais d'autres trouvaient l'idée trop risquée et d'autres encore n'avaient pu rejoindre les quais à temps. Une cinquantaine de personnes se retrouva donc dans l'énorme bâtisse sous-terraine lorsque les portes furent barricadées.

Au début, de braves chasseurs et éclaireurs employèrent les portails pour effectuer des sorties, mais les créatures hostiles finirent par découvrir les refuges du désert et de la forêt. Il devint impossible de sortir du premier et le second fut tout simplement démoli par les forces adverses. Les semaines passèrent et les barricadés survivaient grâce aux rations amassées auparavant par Ivory, mais leur quantité, phénoménale au départ, s'amenuisait à un rythme effrayant. Tous les jours, Émilie se réfugiait dans le laboratoire où elle avait installé son « dispositif d'apport énergétique ». Elle y passait chaque fois un long moment et il faisait peu de doute qu'elle en avait besoin, puisqu'elle semblait toujours à bout de force.

Sa grossesse n'était pas restée secrète longtemps, mais même si sa soeur n'approuvait pas, il n'était pas question pour la mère d'avorter. Si l'enfant devait mourir, ça serait avec elle et pas avant. « Tant qu'il y a de l'espoir... », pouvait-on l'entendre dire, même si l'espoir se faisait de plus en plus mince et que plusieurs l'avaient perdu tout à fait. Enfin, un beau jour, Dina leur apparut. La djinn déclara qu'une Elfe très ennuyante l'avait chargée de transporter les survivants à un lieu sûr, si l'équipage d'un navire arrivait à découvrir un tel endroit. Ce jour était arrivé.
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Khejri, fé noir

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MessageSujet: Re: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Jeu 22 Sep - 15:33

Khejri parut grandement soulagé lorsqu'il trouva Siv, et encore bien davantage lorsqu'elle accepta d'accéder a sa requête.

Quand aux questions que celle ci lui posait au sujet de Sarasvati, le fé ne put que répondre qu'elle s'en était retournée à la Forêt qu'elle avait fait naître, afin de veiller a ce que rien n'en sorte, et surtout, n'y entre.

Il promit a son tour a Siv de visiter le petit d'homme régulièrement, car malgré leur jeune âge, Nishant et Maryel sont parfaitement conscient de son existence, et à la vue de l'attachement qu'éprouve Maryel envers son frère, elle se refuserait certainement à l'abandonner ainsi sans être certaine de le revoir un jour.

Il lui confia ensuite qu'il n'avait pas croisé Ivory sur le bateau, mais promit qu'il lui passerait le message dès que possible.
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Siv

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MessageSujet: Re: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Ven 23 Sep - 1:45

Siv adressa un sourire au fé, rassérénée. Elle le remercia, visiblement sincère, soulagée. Et s'il le lui permettait, elle tirerait de sa besace un petit pot scellé. Le fé, s'il était si friand de cette denrée que ne l'était Sarasvati et sa progéniture féérique, reconnaitrait peut-être là l'odeur du miel issu du voisinage du cercle druidique. Peut-être était-ce l'un des derniers pots de miel de telle provenance, qu'on ne trouverait sans doute avant bien longtemps. Pour aussi longtemps que le continent serait perdu, certainement.

-Depuis l'hibernation de Sarasvati, la naissance de la Forêt, j'en ai toujours gardé provision sur moi. Ce n'est pas grand chose, certainement. Mais je tiens à te l'offrir, ainsi qu'aux enfants. Du reste n'hésite pas, si je pouvais faire autre chose.

Puis son attention fut bien assez tôt happée, par la Eodh du clan disparu qui la hélait sur le pont. À la vue de l'expression décomposée de Mordecaï, le spectre de la préoccupation, qui ne la quittait jamais bien longtemps lors de la traversée mouvementée reparut sur ses traits. Elle emmaillotta avec grand soin Firas dans le foulard drapé autour de ses épaules, son dos et sa poitrine, dans lequel elle installait usuellement sa propre enfant, lorsqu'elle n'occupait les bras d'Aethyr, où elle logeait en cette heure, ou de son père. Avec un pâle sourire, mi figue mi raisin, et peut-être une touche d'amusement elle mentionna à Khejri.

-J'ai bien conscience que tu en connais peu sur les nourrissons, encore moins sur ceux de nature humaine, mais si l'envie te venait d'apprendre de façon accélérée comment ils viennent en ce monde, j'ai bien l'impression que le moment est tout trouvé. Il semblerait que l'enfant poussé en son sein ait choisi, ce lieu et cette heure pour arriver.

Elle ne tarderait guère pas, peu après la réponse de Khejri, à prendre la direction de Mordecaï. La flaque aux pieds de la Fendragon ne fit que confirmer ses doutes, l'heure était bien venue. Elle la guiderait ainsi qu'elle le pourrait sur le pont encombré, dans la cabine, aussi à l'abri des regards et avec le plus de quiétude que l'on pouvait avoir sur le navire surpeuplé. Puis elle invita Mordecai à prendre une position qu'elle pourrait juger confortable, et à disposer des vêtements qui pouvaient l'encombrer en cette épreuve qui l'attendrait. La cabine ne disposait que du luxe de peaux étendues qui faisaient office de couchettes de fortune, leurs fourrures douces encore malgré l'odeur un peu musquée qu'elles avaient gagnée au fil de la traversée, au contact des corps disparates qui les avaient occupées. Mais certainement était-ce mieux que le bois nu des ponts, ou les hamacs au balancement un rien périlleux en telle situation.

La shamane extirpa de sa gourde quelques flacons des mixtures curatives de Davarion, une tenue de rechange qu'il faudrait certainement sacrifier, pour faire office de serviettes et langes, une gourde d'eau.

Pour l'Eodh, elle eut paroles apaisantes. Malgré la situation incongrue, la nature suivrait son cours. Tout irait bien. Et comme pour appuyer ses palabres de quelque chose qui en fut plus tangible, elle traça sur la peau d'albâtre de la Fendragon des runes protectrices d'une pâte ocre composée en partie de pierres d'âmes broyées et de sang de shaman minotaure, destinées à conférer vigueur et vitalité aux chairs de la combattante qui seraient bientôt soumises à une épreuve et une meurtrissure qui leur était encore jusque là inconnue.
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MessageSujet: Re: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Ven 23 Sep - 12:31

Mordecaï offrit tout de même un sourire vers Siv lorsque celle-ci s'approcha. Sa seule inquiétude ne semblait pourtant pas pour l'accouchement en soit, mais car son homme n'était pas là à ce moment précis où elle avait besoin de lui. Elle observa les lieux où Siv l'amenait et elle en profita pour retirer sa bonne vieille tunique cachait encore assez bien jusqu'ici, un gros ventre bien arrondie. Que la petite fée noire de Khejri est suivit ou non, cela ne sembla pas l'affecter. Elle poursuivit à retirer ses pantalons tant bien que mal et souillé par le liquide qu'elle avait perdu les minutes précédentes. Elle en profita pour attacher ses cheveux en queue de cheval, avec son bandeau. La position qu'elle prit était à genoux, avec les jambes suffisamment écartées. Lorsque la première contraction vint, elle eut l'arcane sourcilière qui vacilla légèrement par la douleur. Veut, veut pas, Mordecaï avait eut une vie où la douleur était quelque chose qu'elle tolérait assez bien. Et malgré tout, quand la douleur venait de l'intérieur, ce n'était pas aussi tolérable qu'elle l'aurait cru.

- Je déteste Seol en ce moment Siv... Bredouilla t'elle faiblement... - ... Il n'a même pas l'audace d'être là.

Mordecaï observa les dessins runique qu'elle se fit dessiner sur le ventre avec une semi-curiosité. Elle ferma son regard des abysses et se concentra à respirer calmement entre les contractions qui se rapprochait que bien lentement jusqu'ici. Après un moment, elle amena son regard sur Siv.

- Il fait bon de te revoir, quoi que j'espérais une autre... occasion de se voir ? Comme te l'annoncer et tout et tout...

Lâcha t'elle avec un demi-sourire, quelque peu amusée qu'elle accouchait directement lorsqu'elles s'étaient finalement croisés.
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MessageSujet: Re: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Ven 23 Sep - 13:40

À la mention de Seol le sourire de Siv, qui se voulait rassurant, se dissipa un peu. Certainement, mais elle-même sans le dire, reprochait-elle peut-être l'absence de son frère de clan, le Corbeau pour qui les préoccupations ne se chevillaient jamais à son corps, l'homme né des mois estivaux, pour qui si peu au fond tirait à conséquence. S'était-il dérobé de ce devoir-là? Elle-même, certainement, regrettait son absence. Pourtant elle répondit à la parturiente, son sourire se dessinant de nouveau.

-S'il vit encore, certainement, Seol te retrouvera, ainsi que sa descendance. Ne doute pas. Et il fait bon de te revoir aussi. Sache toutefois que l'occasion est toute trouvée. Les Astres nous auront mis, en cet instant fatidique, en le chemin l'une de l'autre.
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MessageSujet: Re: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Ven 23 Sep - 15:55

Khejri prit bien volontiers le pot de miel de Siv, qu'il promit de garder pour les deux enfants, puis s'eclipsa rapidement avec eux alors que Siv se dirigeait vers Mordecai.

Le trio de fées se fit extrêmement discret pour le voyage.
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MessageSujet: Re: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Sam 24 Sep - 0:13

Lui annoncer... alors qu'elle passait plus de temps dans les bois et forêts avoisinantes au nord de Menoch et que Siv s'était terrer dans un désert quasi aride et chiant à à mort traverser en habits forestier. Fallait dire que l'occasion ne s'était pas pointé et avec les changements dans le monde, cela était devenu plutôt périlleux de rester tout bonnement en vie. Mordecaï glissa sa main contre l'épaule de Siv et lui sourit bien franchement.

- Je l'espère de tout coeur, sans quoi je vais le hanter à ma mo....... ouille....!

Une contraction de plus à la liste qui devenait plus longue au fil du temps et encore plus rapproché. Mordecaï était une femme en bonne santé et avec de bonnes courbes, l'accouchement semblait surement aisé jusqu'à maintenant.

- Il prend tout son temps pour arriver... Grommela-t-elle.

- On ne peut pas juste expulser le tout par magie ? Tadam et c'est fini ? Roula-t-elle les yeux en disant cela.
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Siv

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MessageSujet: Re: La chute de l'empire d'Ur'Menoch   Sam 24 Sep - 11:37

Siv laissa glisser sa main sur celle de Mordecaï, la pressant doucement, se voulant rassurante.

La vie en toi peut-être rappelle qu'en cette heure, il ne faut surtout pas évoquer ce que la crampe t'aura empêchée de dire ! Ne parlons pas de mauvais présage!

Elle vint ensuite reprendre place, ajustant avec douceur Mordecai pour examiner la progression de sa condition, puis un sourire un peu plus radieux, tout de suite, lui vint, à cette vue qui pourtant en auraient fait tourner d'autres de l'oeil. Le corps solide de la femme avait travaillé pour elle, assez rapidement peut-être.


-Aux prochaines crampes, Mordecai, il faudra pousser de toute ton énergie. Et ainsi, à chaque fois que les crampes te prendront. C'est là manière du petit, que de signaler son désir de passer. Autant l'obliger, hein! Car hélas, il n'est pas de magie qui eut pu te délivrer plus vite. Surtout pas, par les Astres, quelque formule qui s'achèverait sur la mention de "Talam!", c'est là terme qu'il vaut mieux éviter de dire, pour s'épargner triste présage!

Avait-elle dit, avec une pointe d'amusement, le nez un peu froncé, attentive malgré tout au processus en cours.

Plus magiques que toi ou moi auraient bien voulu la même chose, mais c'est là l'épreuve initiatique qu'endurent toutes femmes, pour se faire Mères, ainsi que les enfants sont mis à l'épreuve pour devenir adultes. Même les fées, créatures liées au Voile par nature, en sont à passer par là, Sarasvati t'en aurait dit quelque chose. Je te donnerai par la voie des arcanes des forces en plus, quand la fatigue te gagnera.

Et fatigue risquait bien de gagner la pauvre Eodh, se disait-elle, à la vue de l'ampleur de son ventre. Sans doute accoucherait-elle, vu son renflement, d'un colosse qui dépasserait peut-être bien Davarion en hauteur et en largeur quand il aurait l'âge d'homme. À moins que Mordecaï n'eut été exaucée, en cette maternité aussi vaste qu'inconsidérée qu'elle espérait. Entendue des Astres, lorsqu'elle eut souhaité à voix haute avoir autant d'enfants qu'elle pourrait en porter de ses bras, se faire aussi féconde qu'une matriarche solen et donner à Seol la descendance la plus prolifique qui fut. Transmettre le sang des Fendragon dont elle était seule survivante, en assurant non seulement son salut, mais sa prospérité.
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