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 Trois chats, un rat et un épervier.

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Zao Minh Yu

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Messages : 6
Date d'inscription : 22/05/2016

MessageSujet: Trois chats, un rat et un épervier.    Dim 22 Mai - 15:26

Trois chats, un rat et un épervier.
https://www.youtube.com/watch?v=GWm8-jlddaw

Ainsi va la vie.

La chute fut longue, vous n’imaginez pas à quel point elle fut une délivrance pour mon âme. Certains racontent que j’ai passé le pas de la vie à la mort en sautant dans un volcan en fusion. D’autres racontent que ma vie s’est terminée au bout d’une dague dans un quartier mal fréquenté du vieux port. Peu importe ce que les gens disent, je suis là. J’ai vécu comme un animal ces dernières années, j’ai vu la ville changer d’apparence petit à petit, j’ai vu les gens quitter la basse ville, la moyenne ville, la haute ville et le palais. En dernier, le palais… Alors je m’y suis infiltré, j’ai fait sauter toutes les serrures une à une, seul ou presque dans une cité à l’abandon, laissée elle-même depuis des années. Le vent m’apportait les miasmes d’une infection qui ne cessait de s’étendre. Des colonnes de rats remontaient des taudis, dévorant les imprudents qui osaient se mettre sur leur route.

Même en temps de guerre, quand nous étions en combat permanent contre le clan qui détenait la ville de isuki je n’avais vu de choses aussi sales. Isuki la morte, une ville fermée, protégée, cadenassée comme l’était celle-ci. Mais comme une jeune femme prude et soucieuse de son rang elle s’était laissée entourée et nous l’avions encerclée, l’obligeant à se rendre et à nous ouvrir ses portes.

L’odeur de la basse ville que m’apportait le vent d’ouest était comparable celle qui émanait de la ville d’Isuki, la ville ou nos trébuchets envoyaient les prisonniers à plus de 40 pas de haut. C’en était un spectacle que de voir les armes sophistiquées envoyer des tas de viandes hurlant, pleurant, priant pour un dieu qui n’était pas le mien. C’était une époque… et comme tous les époques, elle passe. Mon âge ne se voit pas trop sur mon visage, avant lisse et imberbe sous un voile de soie il s’est métamorphosé en celui d’un animal puant et grognant ou la barbe a fait culture. La crasse a fait apparaitre quelques plaques noires sur mes bras et mes jambes, a tel point qu’on en dirait de la nécrose. Mais rassurez-vous, il n’en est rien. De nécrosé il n’y a que mon cœur. Pour celle que j’ai perdue il y a bien longtemps et qui m’a offert une longue vie pour la pleurer, pleurer son départ et peut être même sa mort. Qui sait.

Le palais fut un régal, des souvenirs me revinrent, mon titre de noblesse, ces rencontres diplomatiques de haut rang. La princesse pour qui j’avais donné la vie. En ce jour noir ou la pluie frappe le pavé, ou les nuages semblent s’éventrer sur la ville pour y disperser leurs entrailles d’eau, le palais m’offrit un nouveau départ. Un portail. Caché dans une pièce anciennement gardée de près, une clé trainante à laquelle une étiquette de papier ou l’encre avait bavé m’annonça qu’une nouvelle vie pouvait être à ma portée.

J’allumais une torche à l’aide d’un tissu imbibé d’alcool et j’avançais dans les dédales de la caserne, tout était rouillé ou mort, la moindre serrure pouvait maintenant sauter d’un coup de pied. Plus mes pas se répercutaient dans l’écho des murailles plus j’étais certain de ma destination. Une destination difficile pour certains qui étaient amenés la de force mais pas pour moi à cet instant. Un portail magique n’a pas de durée de vie, j’étais la preuve viva.. Incarnée que la magie pouvait dépasser l’entendement humain. La double porte de la prison fut la plus difficile à ouvrir, elle résista à mes assauts, elle ne résista pas à un meuble qui servit de bélier. Lorsqu’elle bascula au sol dans un bruit de ferraille, dans la fumée et dans la poussière, je savais que j’allais enfin revoir une autre ville que celle-ci. Devant moi, les rayons du soleil timide à travers les nuages découvraient un portail magique qui n’avait jamais cessé de luire de sa couleur poupre.

Ma gorge s’enfla et un rire sorti de celle-ci, un rire de soulagement, un rire carnassier, un rire de dément. Aucun doute, aucune hésitation, qu’avais je à perdre à passer ce portail ? Rien. Un éblouissement, une odeur de cerise, un sentiment de fièvre… suivie d’un tremblement. Rien ?
Rien ? J’étais toujours au même endroit ? Impossible ! Impossible de détailler autour de moi, la luminosité s’était réduite à néant. Le portail lui-même derrière moi s’était refermé, me laissant dans un endroit qui ressemblait à s’y méprendre à celui que j’avais quitté. A tâtons, j’explorais l’endroit, abimant le bout de mes doigts sur la pierre, sur la mousse. Je m’étais emmuré ! J’avais quitté un endroit ou j’étais libre de mes mouvements pour un cerceuil de pierre, j’avais volontairement choisi cette tombe en croyant m’échapper !

La rage, la colère, la frustration, la rage, la colère, la frustration, la rage… la colère !
Telle une onde de choc, les pierres se disloquent devant moi, mes mains sont devenues vaporeuses, vapeur presque palpable, j’utilise ma force tandis que ma besace j’entends les derniers réactifs que je possédaient crépiter en se transformant en poussière…

Le mur tombe et devant moi s’étends une ile vierge, une ile dont la végétation luxuriante n’est en rien pareille à celle que je viens de quitter. Au loin les cris des mouettes, une voile blanche et le bruit des chaines. Je tente de m’extraire avec soin de cet endroit, raclant mes vetements sur la pierre, mes yeux verts détaillent l’endroit comme si je ne l’avais jamais vu.

Le vent s’engouffre dans ma tenue, emportant mon manteau au loin, exposant une part de mon corps devenu frêle au regard de tous. Je suis Zao Minh Yu. Je suis un Minh Yu.. .un Minh Yu retourne toujours chez les Minh Yu. Il faut donc rejoindre le domaine…

Dans le soleil levant, un homme d’une taille moyenne se dresse, son regard vert est impossible à soutenir, la barbe que les conditions de vie ont rendu longue flotte au vent. Les poings fermés, la peau blanche presque transparente prise d’assaut par le soleil, il se présente au monde.

« Minh Yu. Ce nom est le mien, rendons lui les honneurs du temps passé »
Dans le vent glacé, un guetteur fait son appel, manifestement un bateau nommé « Trois chat, un rat et un épervier » va prendre le large sous peu. Il y aura un passager supplémentaire.













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